Décision…

C’est décidé !

On va traverser les Pyrénées par le GR 10.
Nous mettrons le temps qu’il faudra, par petits tronçons.

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Vendredi 1er- Dimanche 3 août 2008

Nous allons donc débuter la traversée des Pyrénées. Le topo ne nous donne pas envie de partir depuis la plage de Hendaye. Nous envisageons de partir de Biriatou. Seulement voilà, nous sommes partis de Bretagne le 1er août et la circulation est importante. Dans les Landes, les kilomètres de bouchons annoncés à la radio nous incitent à circuler hors de l’autoroute. Nous avons le plaisir de rouler sur des routes dégagées, et de voir des bouchons sur l’autoroute.
Le soir du 1er août, nous dormons au camping du Muret, après Bordeaux. Le terrain est ombragé par des pins. Il est occupé par quelques caravanes qui semblent être installées à demeure. Nous sommes les seuls campeurs.

Les informations que nous prenons à la radio nous obligent à adapter notre parcours. Nous nous dirigeons sans obstacles vers Aïnoha, puis Dancharia où l’on trouve un camping à cheval sur la frontière France-Espagne. Il y a juste un petit pont à traverser et on se trouve en Espagne, dans une zone de ventas où l’on trouve de tout. Contraste entre un petit camping calme et propret et les grandes surfaces de vente des ventas pleines de gens parfois stressés qui remplissent des caddies de marchandises alimentaires et/ou de boissons alcoolisées.!

Le lendemain, on entraîne nos pieds et nos chaussures sur les chemins autour de Dancharia : Zugarramundi, Urdax… pendant une bonne journée sous une très belle chaleur.

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Etape 1 – Lundi 4 août : ne pas avoir prévu

Nous quittons Dancharia pour gagner Olhette. Petit arrêt à Ascain pour prendre des informations. Déception : il n’y a pas de camping à Olhette. Le Refuge pyrénéen est fermé lorsque nous arrivons. Nous attendons presque deux heures avant de trouver le permanent qui nous apprend qu’il n’y a plus de place. On comptait passer encore cette soirée dans un camping avant de partir sur le GR.  Tant pis. Fallait prévoir !
On gare la voiture dans le parking voisin, on fait nos sacs et on se met en route à 17 heures.

Montée vers le col des 3 fontaines. Un parcours facile et, à cette heure, très calme ! Avant le col, nous nous retournons souvent pour voir la mer derrière nous. Au col, petite hésitation. Il faut bien suivre le balisage pour ne pas prendre le sentier à gauche, qui descend sur Ascain. Se diriger plutôt vers la pinède. Bivouac en dessous du col des 3 fontainesOn y trouve assez facilement un endroit plat pour bivouaquer au milieu des pins et des fougères. Il n’y a pas d’eau à proximité, mais nous avons prévu… Quelques hommes passent en courant. A quoi ça sert, vraiment, de courir dans de si beaux endroits !
Au coucher du soleil, retour au col pour l’admirer. C’est le premier que l’on voit sur ce sentier, on ne veut pas le manquer !

Dénivelé positif : 463 mètres.

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Etape 2 – Mardi 5 août 2008 : le pays basque sous le soleil

Après une nuit calme, départ à 8 heures vers Sare.
Nous traversons le chemin de fer (à 543 m) qui monte à La Rhune.

Le sommet de La Rhune

Le sommet de La Rhune. Pas très esthétique, mais pentu !

Ça nous rappelle une dame, un jour que nous attendions l’ouverture du refuge de Respumoso, dans la vallée de la Tena. Elle n’arrêtait pas de parler et de raconter une histoire qui se concluait par cette certitude : « celui qui n’est pas monté à la Rhune ne sait pas ce que c’est que la montagne ». Ça nous fait toujours rire d’y penser, mais c’est vrai que la pente est raide…

Pour aller à Sare, il suffit de descendre. C’est facile et pas désagréable. Le chemin est bien tracé, pas caillouteux. On traverse des ruisseaux, on passe une barrière, on marche sur un chemin empierré, puis on s’engage dans un chemin creux… Ce début de GR10 est bien facile, pas de quoi décourager les néophytes que nous sommes. L’arrivée se fait par un sentier en paliers, sur la place du fronton. La place de Sarre est vers la gauche.

La vallée, le matin vers 8 heures.

La vallée, le matin vers 8 heures.

Sare est une jolie petite ville-frontière, bien entretenue, avec de nombreux commerces (on achète des fruits) et de l’eau sur la place centrale, un bout de mur pour s’asseoir près du robinet… Elle mérite d’être classée parmi les plus beaux villages de France.

On continue pour atteindre la venta Berrouet (100 m), à la frontière espagnole vers 13 heures, et pour faire la pause repas. Il commence à faire bien chaud.

Ensuite, le GR10 nous fait faire un crochet d’une bonne-demie heure pour éviter des propriétés. On grogne un peu, parce qu’il fait vraiment chaud ! Puis nous suivons un ruisseau de plus ou moins près. Après le pont du Diable, le sentier remonte en sous-bois, sur le bord de la Nivelle, jusque Ainoha que nous atteignons vers 16 heures. C’est un très joli petit bourg plus touristique que randonneur. Il faut prendre un peu de temps pour admirer les maisons bien entretenues, visiter l’église.
Ne pas chercher à faire des courses d’alimentation à Ainoha, il n’y a pas d’épicerie. Il faut aller à Dancharria ou dans les ventas espagnoles…
Le camping est à quelques centaines de mètres du village. Quand nous arrivons, le gardien est absent. Nous suivons l’avis affiché sur la porte et faisons une installation « randonneur », c’est à dire qu’on pose sa tente où l’on veut… si l’on peut… Précisément, pour nous,  au bord du camping de façon à voir le vallon. On peut même se doucher avant d’avoir vu le gardien. Quand il arrive, on lui règle notre nuit et  on fait des mini-courses dans la mini-épicerie du camping.
Plus tard, nous donnons un coup de main à des jeunes costarmoricains qui ont quelques difficultés à s’installer rapidement avant l’orage qui nous tombe dessus à 20 heures.

Dénivelé positif : 132 mètres. Dénivelé négatif : 575 mètres. Belle journée !

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Etape 3 – Mercredi 6 août : Vers Bidarray, déjà la fin…

Réveil un peu avant 7 heures. Matin vraiment humide.
Nous partons à 8 heures, en même temps que Jean-Claude, un randonneur belge qui fait les mêmes étapes, mais… en marchant plus vite.

La Chapelle de l’Aubépine. Première pause après Aïnoha

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Montée au Col de la Chapelle de l’Aubépine (389 m).  Au moins, sur cette étape, on n’attend pas pour se confronter à une sérieuse grimpette ! On voit Aïnaoha à nos pieds, 270 mètres plus bas. Très joli panorama !

Col des 3 croix

Le Col des 3 croix

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Puis, en suivant une piste venant d’Espelette, nous passons le Col des Trois Croix (510 m) dans une légère brume.

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.Plus tard, le Col de Zuccuta (556 m) est toujours dans la brume. Nous passons la ferme Esteben (580 m) alors que la brume vient de se dissiper. Nous avons déjà vidé une gourde. A la ferme, nous demandons de l’eau, on nous répond d’aller en acheter à la venta, la frontière étant toute proche. Sympa… Quand on raconte ça aux randonneurs, ils ont de la peine à nous croire. Pourtant, c’est vrai. Nous avions soif, mais pas au point de délirer !
Conseil : faire une bonne provision d’eau à Aïnoha, car on ne trouve rien avant le torrent de Bastan

On fait une pause casse-croûte près d’une venta, avant le Col des Veaux. A l’ombre…

Les radars d’Artzamendi

Nous prenons ensuite la route des radars de l’Artzamendi pour atteindre le Col de Mehatché (716 m). La chaleur est importante. Après le col, on emprunte des sentiers dans des herbages en descendant lentement pendant une demie-heure.

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Le début de la descente vers Bidarray

Après la bergerie Cithabourou, on aborde la descente dans le ravin. Au début c’est très raide. On descend un peu comme dans un escalier, sur des plaques rocheuses pas très stables. Cette partie de la descente est impressionnante, mais sans danger si on est prudent.
Il fait très chaud, mais dans cet endroit, nous préférons le soleil à la pluie qui doit rendre les dalles glissantes.

Au bas des dalles, on emprunte un sentier dans les fougères. Nous faisons une pause au bord de la Grotte du saint qui sue, avec une croix, l’eau qui perle des parois. Un moment de fraîcheur. Puis on reprend le sentier en corniche qui nous mène au torrent de Bastan. On passe quelques endroits en sous-bois. Agréable…

Depuis le Col de Mehatché, nous avons fait environ 5 km. Nous sommes sur la commune de Bidarray, mais pas encore au bourg. Il faut à nouveau grimper, sur la route goudronnée, puis on parcourt un sentier en balcon avant de retrouver la route goudronnée. Nous sommes très content d’arriver sur la place de Bidarray (150 m).

Mais nous ne sommes pas arrivés au bivouac !  Il n’y a pas – ou plus-  de camping, mais un « Refuge pour randonneurs et pélerins » qui se trouve à l’extérieur du bourg. Je serais partisan d’y aller de suite, de monter la tente, de déposer nos affaires voire même de prendre une douche, ce n’est pas l’avis de Marie-Noëlle. Je me laisse convaincre de faire des courses à l’épicerie, sur la place de la mairie, plutôt que de revenir à la fraîche. On achète des fruits et un litre de jus d’orange qu’on boit avant d’aller plus loin. Marie-Noëlle avait raison, nous ne serions pas revenus, où nous aurions trouvé l’épicerie fermée, car le refuge est encore à une heure de marche. Il faut descendre de ce bourg escarpé dans une petite plaine, puis longer un torrent, se perdre un peu, la signalétique n’étant pas très fréquente.

Nous sommes au refuge vers 18 heures. Nous hésitons à sonner à la porte de ce qui ressemble à une propriété privée. Nous sommes un peu intrigués. Allons-nous loger chez un particulier ? Pas vraiment, car le fond de la propriété est aménagé pour l’accueil de randonneurs. Il y a un cabanon avec une cuisine que l’on peut utiliser, des toilettes, une ou deux chambres, un terrain en bordure du torrent pour camper. C’est très agréable, vraiment accueillant (et pas cher : 5 € par personne !).
Nous y rencontrons un jeune couple qui vient de Suisse et qui compte aller à Compostelle. Lui s’est fait une plaie sous un pied et se repose ici depuis quelques jours. Nous papotons autour de l’évier avec des jeunes d’un groupe qui s’est perdu et qui a fait une bonne dizaine de kilomètres de route goudronnée, sous la chaleur, avant de se repérer et de reprendre le sentier.  Une erreur qui n’a pas entamé leur bonne humeur.

Nous avons marché 8 bonnes heures, le dénivelé positif est de 788 m, et le négatif de 735 m. Il n’y a pas d’eau entre Aïnoha et Bidarray.
Orage sérieux dans la nuit. Ce qui nous permet de constater que malgré son âge respectable, notre tente du « Vieux Campeur » est toujours imperméable.

Pour nous c’est la dernière étape pour cette année. Ces trois jours étaient un peu un test. L’expérience nous a convenu, nous reprendrons le GR l’année prochaine.
Demain, nous prendrons le train qui nous ramènera au point de départ.

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Jeudi 7 août 2008

Lever tranquille un peu avant 8 heures, on ne prend le train qu’à 10 h 10 pour Cambo-Les-Bains.  Il faut tout de même plier la tente, refaire les sacs ainsi que le trajet du refuge à la gare de Bidarray.
Le train circule sur une voie unique. On peut aller à l’avant, pour voir ce qui se trouve devant le train. La voie circule près du torrent, dans les bois, sous de courts tunnels.  Petit trajet bien différent de ceux que l’on fait dans les TGV !

Bien sûr, la gare SNCF est dans la plaine et la gare des cars dans la ville, près du syndicat d’initiative. On grimpe donc encore un peu… Casse-croûte à Cambo (délicieux sandwich au fromage avec de la confiture de cerises noires) en attendant le car qui part à 13 heures 30 pour Ascain.

A Ascain, on regagne Olhette à pied par la départementale. Le temps est humide, pourtant le thermomètre d’une pharmacie indique 23°. On marche sur le bord de la route, redoutant qu’une voiture ou un camion nous fauche…
Mais non, nous retrouvons la voiture sans avoir d’ennui. Elle a subi un bel orage si on en croit tout ce qui s’est collé dessus.

Nous partons pour Lescun ou Laruns. Mais le temps est très humide. Nous avons la drôle d’idée de remonter la vallée. Plus nous montons, plus le ciel est bouché. Il pleut en bas, puis plus haut, c’est brumeux. Dans les derniers kilomètres avant le col du Pourtalet, on ne voit plus aucun des bords de la route… On atteint le col vers 20 heures et d’un coup, c’est le ciel bleu et le grand soleil. Magique ! La température chute immédiatement à 13 °

Nous descendons jusque Sallent-de-Gallejo. C’est un joli petit bourg de la province d’Huesca, avec des rues étroites, un petit pont pour se rendre à l’église gothique du XVIe. Il y a des restaurants et des magasins. Mais ce qui nous intéresse, c’est le camping municipal. L’endroit est rustique, bien occupé, difficile de trouver un coin où être au calme. Nous voulons dormir et les Espagnols ont l’habitude de se coucher beaucoup plus tard que nous… Nous nous casons derrière un talus qui délimite une bande de terrain suffisamment étroite pour qu’il n’y ait qu’une rangée de tentes. La nuit est calme, mais fraîche.

C’est fini pour 2008. Nous reviendrons sur le GR 10 en 2009, mais en juin.

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Etape 4 – 10 juin 2009 : de Bidarray au col d’Harrieta

Nous reprenons le GR là où nous l’avions arrêté en 2008 : à Bidarray. Nous laissons la voiture sur le parking (150 m), à l’entrée du bourg.  Nous partons vers 16 heures.

Le GR est facile à trouver et bien tracé. Nous prenons d’abord la route, puis nous nous  dirigeons vers la ferme Ordaburia pour prendre un sentier bordé de gros châtaigniers. Au bout d’un bonne heure, nous passons le col Pagalepoa (450 mètres). Nous continuons sud-est et passons une bergerie en ruines, puis nous attaquons le sentier qui va mener au crêtes d’Iparla. C’est notre première journée et nous trouvons que c’est parfois un peu aérien, que ça grimpe bien.  Nous avons des petits coups de soif !  Nous sommes peut-être partis d’un trop bon pas…
Donc, nous avançons sur le flanc est de la montagne, contournons un piton rocheux. A une bergerie en ruines, nous cherchons une pierre dressée. Nous arrivons à un col herbeux (770 m). On se dirige alors vers le sud, sur la crête.

Falaises d'Iparla

Des falaises d’Iparla, vers 19 heures

 

Le paysage est magnifique. Nous dominons la vallée.  On progresse vers la crête en s’en rapprochant de plus en plus. La trace est bien visible et suffisamment à l’écart du bord de la falaise. Les marques de balisage sont assez rapprochées. Même par temps de brouillard, on ne risque pas la chute.

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Nous passons près de la borne frontière sans la repérer, trop pressés de monter, sans doute.

 

Une croix au bord de la falaise

 

Nous passons devant une croix, mais nos notes ne sont pas assez précises pour la situer. Le paysage est toujours à couper le souffle. On voit loin très loin, à gauche comme à droite.

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au Pic d’Iparla

Par contre, on ne peut pas manquer la borne qui marque le Pic d’Iparla, à 1044 mètres, que nous atteignons un peu après 19 heures. Pause biscuit et photos. Le temps s’est rafraîchi…

Nous continuons sur un sentier qui longe le fil de la crête, s’en écarte parfois un peu, puis se met à descendre vers le sud. On commence à chercher un endroit plat où poser  notre tente, si possible un peu à l’écart du sentier. Finalement, nous nous arrêtons au Col d’Harrietta (808 m), sous des arbres, au début du bois.

Iparla, vers le nord

.C’était une très belle après-midi. Les paysages ont comblé nos regards.  Par beau temps, la crête est facile et sans danger, même si l’à-pic est vertigineux. Nous n’avons croisé personne sur le sentier, comme si les paysages n’étaient que pour nous ce jour-là…

Depuis Bidarray, nous avons marché un peu plus de 4 heures.
Le dénivelé positif a été de 896 m et le dénivelé négatif de 236 m. Nous n’avons pas trouvé d’eau. Ce soir, nous nous rationnerons…

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