Etape 12 – 23 juin 2010 : de Sainte-Engrâce à Arette-La Pierre Saint-Martin

Lever à 7 heures. Notre jeune voisin est déjà parti. Il compte gagner Saint-Jean-Pied-de-Port dans la journée. Bon courage !
On est rapidement prêts, mais il faut attendre le passage de la boulangère. Hier, on a commandé du pain à l’auberge. Ce matin, Marie-Noëlle ruse pour obtenir une baguette. Que ça ! En fait, il aurait fallu qu’on commande des sandwiches, ce qui ne correspond pas à notre mode alimentaire. Le commerce est bizarre dans cette contrée.

Ravin d'arpidia

Vers 9h, dans le ravin d’Arpidia. Agréable montée à la fraîche…

Bon, c’est pas le tout… Faut partir. Il est 8h20. Petite descente avant d’attaquer une montée en sous-bois, puis dans une gorge, au fond du ravin d’Arpidia. Végétation de zone humide, avec des fougères majoritaires. Beaucoup d’arbres cassés. Puis, nous obliquons vers le nord dans le bois de Lèche et  nous attrapons une piste forestière que nous abandonnons pour un sentier qui coupe la piste à plusieurs reprises. Nous suivons maintenant deux randonneurs qui loupent le sentier peu visible sur la gauche. Nous faisons comme eux…. avant de revenir sur nos pas.

L’abreuvoir et son gardien – 11 heures

Nous arrivons à un curieux abreuvoir en béton, surmonté d’une tête de gardien.
L’eau est glacée et rafraîchissante.
C’est le dernier point d’eau avant le refuge Jeandel.
Très peu de temps après, nous sortons du sous-bois pour traverser une prairie où paissent des chevaux. Nous passons une cabane en ruines.

Vue sur la vallée de Saint-Engrâce

Puis nous marchons sur un sentier au flanc d’une colline. Sur la droite, nous voyons la vallée de Sainte-Engrâce et repérons l’église à la jumelle.

Nous arrivons ensuite au bas d’une prairie. Nous la traversons en visant les randonneurs qui nous précèdent, ce qui nous évite le détour par la piste.

Un peu après midi, nous attaquons une piste en lacets qui, en une heure nous amène sur une crête à une altitude de 1740 m. Il est 13 heures 30.

Crête en dessous du Soum-de-lèche 1740 m.). Le pic d’Anie

Nous retrouvons les deux randonneurs qui viennent du Nord et un toulousain qui nous aide à décrypter le paysage autour du pic d’Anie.
Longue pause casse-croûte pendant que le tee-shirt sèche.

Nous repartons vers 14 heures par une descente.

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Face à nous, le pic d'Anie

Face à nous, le pic d’Anie

En montagne, quand ça descend, c’est parfois pour mieux remonter.
(merci à Eric et/ou Emmanuel pour la photo).

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La piste passe le long d’une bergerie. Nous retrouvons la civilisation : odeurs, bâtiments, voiture, berger…  Nous jetons un oeil sur l’entrée du gouffre Lépineux (fermé) avant de déboucher sur une route goudronnée au col de la Pierre-Saint-Martin (1760 m.) où nous retrouvons la civilisation (voitures, cyclistes).
Pendant quelques minutes, nous  marchons en Espagne avant de rentrer sur le territoire des « Pyrénées (qui) sont Atlantiques » affirme le panneau du conseil général.
Nous descendons tranquillement dans les prairies, cherchant du regard un refuge d’ouvert. Mais non, c’est trop tôt, nous ne sommes pas arrivés..

Vautours au sol. Moins majestueux…

En remontant vers un col, nous croisons une bande de vautours rassemblés sur un pré. Si le vautour est majestueux en vol, ce n’est pas le cas au sol…
Nous continuons à monter tranquillement. Nous passons le bâtiment des eaux et…

… nous découvrons avec plaisir le refuge Jeandel en contrebas (1670 m.) que nous atteignons à 15h00.

Pic d'Anie

Le Pic d’Anie

Juste avant de descendre vers le refuge, la vue sur le Pic d’Anie est saisissante. Dès que le soleil baissera, il disparaîtra dans la brume.

Arrivée au refuge Jeandel, au bas de la prairie. Dans la brume, le pic d’Anie

La place pour bivouaquer est très limitée, il faut le savoir… Selon le jeune et sympathique gardien, le bivouac est interdit dans la station. De toutes façons, les traces laissées par les moutons nous auraient dissuadées de planter la tente…
Nous nous installons donc devant le refuge. Le bivouac est payant, mais il ouvre l’accès à la douche (payante : l’eau est rare).
Au refuge, il y a des boissons fraîches, une mini-épicerie, c’est à dire une armoire vitrée avec des fruits, des céréales, quelques conserves. Il n’y a pas de pain, mais nous pourrons avoir des sandwiches le lendemain matin. Nous dînons assis à une table à côté du refuge, en compagnie d’Emmanuel et Eric, les deux randonneurs que nous côtoyons depuis Sainte-Engrâce.

Après le repas, nous faisons un tour dans la station. Une station d’hiver sans la neige, c’est très moche et totalement vide. Un vacancier nous hèle de la fenêtre d’un immeuble :  « Il n’y a que cinq personnes dans toute la station » affirme-t-il. Possible ! Je crois qu’il s’ennuie… Aux portes d’une barre d’immeubles, on entend la musique. Les poubelles ne sont pas vidées. Aucun magasin n’est ouvert.  Plus loin, il y a des villas pas toujours très esthétiques insérées dans les lapiaz. Cette station a un côté surréaliste de cité morte, abandonnée par ses habitants.

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Etape 13 – Jeudi 24 juin 2010 : on va à Lescun…

Bivouaquer tout près d’un refuge, c’est bien : on est réveillé tôt ! Ce qui ne nous empêche pas de farnienter jusque 7 heures. A quoi bon se presser, puisqu’on va devoir attendre les sandwiches et que la tente sèche un peu… On paie 24 € (pour une tente, 2 douches à 1,50 €, 2 sandwiches à 3,80 €, 2 bières et quelques provisions) et on part à 8 heures.
D’abord, c’est une piste empierrée jusqu’à une cabane pastorale, pendant 15-20 minutes.

Après la cabane pastorale. Premier névé

Après la cabane pastorale. Premier névé

Puis nous attaquons vraiment la montée dans des rochers. En montant, on voit bien ce que sont les lapiaz. On voit aussi des petits névés. Nous nous amusons à y marcher, histoire de dire qu’on a marché dans la neige… Nous ne nous doutons pas que nous en verrons de plus beaux dans une future étape…

Dernière vue sur Arette-La pierre Saint-Martin, vers 9 h30.

Dans les Arres de Camplong

Une demi-heure plus tard, on atteint un télésiège et on descend sur une piste pendant quelques minutes.

A droite, on prend un sentier dans les rochers qui nous emmène dans les Arres de Camplong.

C’est un beau morceau de sentier qui chemine dans une étendue de rochers, de trous, de pins maigrichons. On monte, on descend… Joli paysage.

Avant le pas de l'Osque

Juste après le pas de l’Osque, dans le sentier vers le Pas d’Azun.

On passe deux cols à 1930 m et 1900 m. Après une brèche, nous oublions un peu trop  la carte et nous mettons tranquillement à descendre jusqu’au moment où nous réalisons que nous nous sommes perdus. On retrouve le chemin  20-25 minutes plus tard, qui monte dans un pierrier, à l’ombre, et qui nous conduit au Pas de l’Osque (1922 m) que l’on franchit vers midi.

C’est un petit raidillon rapide qui mène à une brèche entre deux gros pics. Dans les derniers mètres, on met les mains pour le passer. Rien de difficile dans ce sens, mais la présence d’une cordelette laisse penser que dans l’autre, ce peut être délicat.
Au Pas de l’Osque, jolies vues sur les deux côtés de la brèche.

La descente du pas d’Azun, à midi

Une sente au sud-est, sur la droite, descend en 15 minutes vers le pas d’Azuns (1873 m) le long d’un flanc herbeux.Puis, on prend sur la gauche, une descente rapide à flanc de rocher

Au pas d’Azun, vue sur le pic d’Anie

Cette descente nous amène à une cabane de bergers.Nous y croisons quelques jeunes qui font la pause avant d’aller « taquiner Anie ».

Après la cabane, la descente est plus douce, par le bord d’un vallon, avec le torrent en contrebas, jusqu’au bois du Braca d’Azuns. On croise d’autres randonneurs qui ont séjourné au refuge Jeandel et qui casse-croûtent au soleil. Nous préférons chercher un peu d’ombre et nous engageons dans la hêtraie. La traversée assez longue, pas loin de 1 h30. Difficile de trouver un endroit un peu à l’écart du sentier pour s’arrêter. Nous gagnons le sortie du bois pour manger.
Après, en peu de temps, nous atteignons le refuge de Labérouat où l’on s’arrête prendre un café.
Ensuite, longue descente vers Lescun, avec quelques passages bien boueux, voire glissants (à la mi-juin, il y a eu beaucoup de pluie). Le topo-guide annonce 55 minutes pour rejoindre Lescun, nous mettrons 1 h30/1 h40 sans trop traîner, mais en grognant régulièrement… Faut le reconnaître, nous n’aimons pas plus qu’il ne le faut les longues descentes.

Arrivés au charmant village de  Lescun, discussion pour savoir si on va d’abord au camping ou si on attend l’ouverture à 17 heures du magasin multi-services. Finalement nous allons au camping. Dans le bourg, le marquage était fait sur les poteaux électriques et téléphoniques, mais les réseaux sont désormais enterrés. Ce n’est pas qu’on risque de se perdre, mais en milieu d’après-midi, les mètres n’ont pas la même valeur que le matin…
Le camping de Lauzart est à 20 minutes du bourg. Notons qu’après le pont, il y a un raccourci qui est un vrai raccourci, mais qu’il est bien raide !

On est heureux d’y arriver et de s’y poser à 16 h 40. On retrouve avec plaisir nos camarades du Nord qui sont en pleine installation. C’est un camping municipal fraîchement tondu, avec des sanitaires bien tenus et des douches bien chaudes. Il y a d’autres campeurs, des caravanes, quelques randonneurs. Le classicisme de la comptabilité de ces campings nous fait toujours sourire. Nous payons 11,84 € pour la nuit (dans d’autres campings, ce serait 11,50 ou 12 €), et nous avons un reçu qui a la forme d’une longue bande de papier, comme dans beaucoup d’autres campings municipaux.

Retour à Lescun pour des courses et pour boire une bière avec Emmanuel et Eric. Puis retour au  camping pour le repas du soir, la lecture du journal local et le coucher tôt.

Ce jour, nous avons été 8 h 40 sur le chemin. Le dénivelé positif est de 282 mètres et le dénivelé négatif de 1022 mètres. Rien de compliqué

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Etape 14 – 25 juin 2010 : de Lescun à Etsaut

Réveil matinal à 5 h30 grâce à l’animation du camping assurée par un groupe d’espagnols qui logent pourtant dans le bâtiment…

Juste au moment de partir

Juste au moment de partir

Nous, on attend 7 heures pour se lever. Humidité habituelle, on déjeune, on plie la tente, Marie-Noëlle effectue un soin préventif sur une ampoule et à 8 heures, nous partons.

D’abord un peu de route goudronnée et les voitures qui nous doublent. Puis montée tranquille en sous-bois jusque la ferme Lestremeau (1021 m). Peu après on sort au-dessus du plateau de Lhers. Sentier agréable bordé d’arbres. Après la dernière ferme (997 m), on attaque une longue montée de deux heures dans des lacets. D’abord au milieu des fougères (30 min), puis en sous-bois. Comme souvent les deniers lacets sont un peu pénibles. Faut dire que la pente est sérieuse…

Le panneau signalant le col de Barrancq

Le panneau signalant le col de Barrancq

Au col de Barrancq (1601 m), nous bifurquons à droite et suivons la crête pendant quelques minutes. Nous sortons du bois pour admirer le point de vue et… manger, il est 12 h30. Nous distinguons nos camarades Emmanuel et Eric qui prennent le frais dans un bosquet, en-dessous de nous.
Grand soleil et ciel totalement bleu.

13 heures, nous entamons la descente, alternant les prairies et les sous-bois jusque la cabane d’Udapet-de-Haut (1515 m). Puis on descend sud-sud est, on passe des ruisseaux, entre des rochers, jusque la cabane d’Udapet-de-Bas (1401 m).

Nous poursuivons toujours en descente, dans une hêtraie, puis dans des fougères bien exposées au soleil. Nous traversons un torrent (petit rafraîchissement bien agréable) et nous retrouvons du sous-bois jusque Etsaut.

Au café « Le Randonneur », nous retrouvons Eric et Emmanuel autour d’une bière bien fraîche ou d’un Coca (pour moi). Ils nous apprennent que le camping de Borce -mentionné sur le topo-guide- n’existe plus. Il faut aller à Urdos. Sympa !!!
Mais bon, on ne va pas se plaindre, la voiture est sur la place, devant le café. Elle va nous permettre, ainsi qu’aux deux frères, de gagner Urdos sans fatigue.

Nous avons été sur le GR pendant 8 heures 45. Dénivelé positif : 751 mètres. Dénivelé négatif : 1004 mètres. Une étape pas compliquée si on se se désespère pas dans les derniers lacets avant le col de Barrancq. Pas de problème d’eau. On a (presque) oublié de faire des photos…

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26 juin : pause à Urdos

Journée de repos à Urdos.
Le camping municipal est installé entre la ligne désaffectée de chemin de fer et le gave d’Aspe. Il y a un bâtiment ouvert à tous vents. Dans la salle commune, trois frigos attendent d’être branchés et qu’on s’en serve. Il y a un réchaud à gaz, un barbecue à gaz, un cageot de confitures, une cheminée avec du bois, des tables et des chaises. A l’accueil, derrière le bureau, il y a le téléphone, un frigo avec du champagne au frais… C’est surprenant de voir ces locaux accessibles à tous, pas détériorés, correctement propres…  Nous avons pu voir que des gens y ont leurs habitudes…
Précisons que les sanitaires sont entretenus chaque jour, qu’il y a du papier dans les w.c. et que l’eau est chaude  sous la douche et aux lavabos…
On peut choisir de poser sa tente près du Gave, à l’ombre, au soleil, près de la zone de jeux pour enfants…
Mais le camping est loin de tout. Faut pas avoir oublié d’acheter les allumettes à Etsaut !

Comme nous avons récupéré notre voiture à Etsaut, j’emmène les Lillois à Oloron où ils prennent le train. J’en profite pour faire quelques courses, acheter des fruits, des piles, des couvre-sacs étanches aussi jaune fluo que les gilets que l’on met en ville quand on fait du vélo. Au kiosque à journaux, le vendeur me demande de quelle ville bretonne je suis. Lui-même attend la retraite pour revenir au pays. J’ignorais qu’on pouvait reconnaître à son accent un breton de Saint-Brieuc.

L’après-midi : farniente, lecture, courses en milieu d’après-midi en Espagne, à Canfranc,  pendant l’orage. L’occasion  pour nous de voir la magnifique gare de Canfranc. Et aussi de faire part de notre étonnement que cette ligne ferroviaire n’ait pas été réouverte depuis l’accident qui, en 1970, a provoqué la destruction d’un pont et la fermeture de la ligne. Chaque jour, un car effectue plusieurs trajets entre Oloron et Canfranc. Nous l’avons emprunté à deux reprises. La première fois, nous étions les seuls passagers… Quand on voit les camions monter au col du Somport, on imagine sans peine la pollution et les risques d’accidents, surtout en hiver. Or la ligne existe, les rails sont toujours en place, les ouvrages d’art en état. Pourquoi cette ligne ou voyageaient passagers et marchandises n’a-t-elle pas été remise en service ? Je peine à trouver une réponse de bon sens !
Voir l’état du problème sur Wikipédia

Le soir, on descend à Etsaut pour dîner au Randonneur : canard confit, frites, gâteau basque et un peu de Jurançon. Accueil très sympathique. Mais nous avons été prévenus : arriver tôt et pas moyen de traîner à table ce soir : il y a un match à la télévision !

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Etape 15 – 27 juin 2010 : de Etsaut au refuge d’Ayous

Lever à 6h30 pour la reprise du GR. Nous déjeunons dans le bâtiment du camping, assis à table, en même temps que des randonneurs du département habitués de l’endroit. Le confort, quoi ! Nous plions la tente et partons vers 7h40.
Je dépose Marie-Noëlle au parking du pont de Cebers (637 m) et vais garer la voiture sur la place d’Etsaut, à 1,6 km.
On se met en route vers 8h30.

Panneau au pied du chemin de la Mâture

Panneau au pied du chemin de la Mâture

Le fort du Portalet

Le fort du Portalet vu de la Mâture

Belle montée à la fraîche sur le chemin de la Mâture. Vu d’en-bas, quand on vient d’Urdos, on aperçoit le flanc de la montagne et la saignée du chemin et on trouve que c’est impressionnant, peut-être même vertigineux.
Une fois dessus, c’est toujours impressionnant, mais pour d’autres raisons.
D’abord, le chemin est plus large qu’on ne l’avait imaginé, donc pas vertigineux. Mais quel à-pic !

Dans le chemin de la Mâture

Dans le chemin de la Mâture

Et quel travail de forçat pour le creuser! Nous avons une pensée pour les travailleurs qui sont morts ici, très certainement, après une chute dans le torrent du Sescoué.

 

Au début, nous sommes seuls. Puis, comme nous ne marchons pas très vite -faut bien profiter du paysage ! – plusieurs groupes de randonneurs nous dépassent

Un chemin large

Quand on dit que c’est large…

On démarre le chemin à 788 mètres. Une petite heure plus tard, nous le quittons après quelques sérieux lacets pour parvenir au plateau de Baigt-de-Saint-Cours (1 100m). Le ciel est toujours gris et maussade, nous sommes heureux de ne pas avoir eu de pluie pendant ce parcours.

... et que c'est impressionnant !

… et que c’est impressionnant !

Nous guettons la cabane, car elle indique le début du Parc national. Nous la voyons en sortant presque soudainement des sous-bois, après une ou deux grimpettes. C’est une petite cabane toute simple, fermée, avec une terrasse.

Il est l’heure de casser la croûte, assis sur des rochers, heureux d’être enfin dans le parc national dans lequel nous avons engrangé plein de souvenirs de belles ballades. Ici, la végétation est abondante et fleurie, avec des arbres clairsemés.

Le chemin continue dans un vaste cirque dont on traverse les pâturages. Tout autour, les pics d’Aule à l’est, le pic d’Ayous et la hourquette de Larry devant nous au sud, derrière nous, au nord le Capéran de Sesques.
Le sentier monte tranquillement, puis plus fortement par des lacets pour atteindre la hourquette de Lary (2 055 m). Il nous semble long. Après la hourquette, en trois ou quatre lacets nous atteignons le col d’Ayous (2 185 m).
Mais juste avant, une pluie bien fraîche nous force à revêtir la veste imperméable et à couvrir les sacs avec les jolis couvre-sacs jaune-fluo dont l’un se révèle trop petit pour couvrir le sac de Marie Noëlle. Toujours se méfier d’un tapis de sol en mousse que l’on met au-dessus du sac. Il est encombrant…

Au col, la pluie est drue, piquante comme de la grêle. Quelques minutes après le col, elle se calme. Douce et tranquille descente vers le refuge d’Ayous tout en admirant le lac d’Ayous et la pic du Midi d’Ossau.

A 15h30, au refuge, nous prévenons de notre arrivée avant de chercher un coin pour bivouaquer. Le temps humide nous décourage de descendre sur les prairies, au bord du lac, qui doivent être gorgées d’eau. C’est aussi l’avis du gardien. Il nous indique un endroit où bivouaquer, à quelques  mètres du refuge. Nous nous écartons un peu, nous rapprochant de la limite du parc national, là où il y a de l’herbe. Nous trouvons un petit carré à peu près plat, à l’abri du regard des gens qui sont au refuge.
A peine commençons-nous de monter la tente que la pluie recommence. Heureusement,  monter une MSR Hubba-Hubba prend très peu de temps. En trois minutes, on peut mettre les sacs à l’abri. Les affaires sont à peine rentrées (16 heures) qu’il se met à pleuvoir fortement. La pluie cesse à 17h30, ce qui nous laisse le temps d’expérimenter le chauffage de l’eau du thé sous cette tente.

Nous avons passé 7 heures 30 sur le chemin. Total des dénivelés positifs : 1550 mètres. Total des dénivelés négatifs : 238 mètres.

Repas reconstituant au refuge en compagnie de deux randonneurs, de nos âges,  qui nous ont croisés dans  la journée.

Pas question, ce soir, d’une promenade au clair de lune autour du lac. C’est dans le duvet, bien au chaud, que nous contemplons le pic du Midi d’Ossau avant de faire de beaux rêves.

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Etape 16 – 28 juin 2010 : du lac d’Ayous aux cabanes de Cézy

La nuit a été calme, sous une lune blafarde et un ciel plutôt couvert. L’ambiance est humide, même s’il n’y a pas eu de pluie au cours de la nuit.
Lever 7 heures.

Le refuge d'Ayous

Le refuge d’Ayous

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Petit déjeuner en contemplant le lac et le pic. Puis, passage par le refuge avant de partir, vers 8 h 30,  pour prendre de l’eau.
Après une nuit au calme sous la tente, je suis toujours surpris de l’agitation qui règne le matin aux abords d’un refuge. Les randonneurs sont affairés, discutent. On a l’impression que l’affaire est sérieuse ! ………….

Lac Gentau

Le pic du Midi d’Ossau se mirant dans le lac Gentau

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Un dernier regard au lac Gentau. Il ne fait pas de vent, l ‘Ossau se mire dans le lac. C’est toujours beau à regarder.

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Cascade sous le lac Gentau

Cascade sous le lac Gentau

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Descente tranquille et agréable le long des lacs d’Ayous (Gentau, Miey, Roumassot).

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.Un peu plus tard, nous sommes dans le sous-bois. Le sentier est humide, parfois bien glissant. Il est évident jusqu’au lac de Bious-Artigues que l’on atteint après avoir franchi un pont en béton. On longe le côté gauche du lac jusqu’au barrage (1 417 m). Nous y sommes vers 10 heures, sans trop nous être pressés.

De l’extrémité Ouest du barrage, on descend vers la route goudronnée par un sentier raide qui est un vrai raccourci. Ensuite, la descente vers Gabas se poursuit par la D 231. C’est une route goudronnée en sous-bois, peu fréquentée à cette époque de l’année. Au dernier virage avant Gabas, on passe devant un refuge CAF. Nous n’allons pas plus loin puisque nous avons prévu de poursuivre jusqu’aux cabanes de Cézy.

Nous attaquons donc la montée, d’abord par un sentier, puis par 1,5 km de route goudronnée pas très agréable. A l’usine hydro-électrique des Alhas (1 135 m), nous passons le gave pour prendre un sentier plat. Moment agréable… Peu après, il monte en lacets au-dessus de Gabas. Tout se fait en sous-bois. C’est calme et frais.

Vers 12 h15, nous faisons une pause casse-croûte et messagerie (au refuge d’Ayous, nous n’avions pas de réseau et nous marchons avec nos portables éteints).
Un peu avant 13 heures, nous repartons. Le chemin monte et descend jusque la corniche des Alhas (1 130 m).

La corniche des Alhas

La corniche des Alhas

Les topos et la pancarte signalent que le sentier est étroit et vertigineux. Nous hésitons à l’emprunter, mais la perspective de gagner une heure de marche nous fait nous y engager.
C’est un sentier taillé dans la falaise granitique qui surplombe la gorge du Soussouéou. Il est vrai qu’il est étroit. Parfois, il fait à peine une cinquantaine de centimètres de large. Nous ne l’avons pas trouvé vertigineux.

Corniche des Alhas

Attention à la tête…

Il nous a moins impressionné que le chemin de la Mâture, ou certains endroits de la vire de la Pardina,  ou certaines crêtes…

Mais c’est vrai qu’il faut parfois faire attention à sa tête…

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La corniche des Alhas

Quand on vous dit que c’est assez large…

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Une main courante en très bon état l’équipe d’un bout à l’autre. C’est un câble en acier gainé, assez récent avec des fixations en excellent état. On est en confiance.

Si on ne fait pas les idiots, si ce n’est pas un jour de grande pluie, ça passe plus que facilement…

Sortis de la corniche, nous continuons de monter. Nous passons sur la rive droite du Soussouéou en traversant un pont, sous une prise d’eau, vers 1 110 m. Nous passons sans trop le repérer le premier carrefour de Sousssouéou. Au 2e carrefour de Soussouéou, ça se corse ! Notre topo mentionne : « lacets assez raides sous les arbres ». « Sous les arbres », c’est vrai. Mais nous sommes plus en accord avec un précédent topo qui précisait « lacets très raides jusqu’à la sortie de la forêt ». Il sont courts et très raides. Pas de visibilité sur ce que peut être la fin. A plusieurs reprises, on croit être sortis des lacets, mais non ! C’est crevant et plutôt déprimant.

A 1 600 m, on débouche enfin sur la falaise de Tume, en-dessous du Cézy.  C’est un sentier plat qui serpente dans les buis. La vue devrait être belle, mais la brume commence à descendre et nous cache l’itinéraire que nous venons d’effectuer. Au sortir des bosquets, on arrive au-dessus de la plaine de Soussouéou et au début du sentier de l’ancienne mine de cuivre. Si on n’y prend pas garde, le point de vue sur la plaine risque de faire manquer les cabanes de Cézy qui se trouvent dans une sorte de vallon qui s’étend sur la gauche.

On cherche un endroit plat, pas en vue de la cabane du berger et pas trop près des troupeaux pour ne déranger personne, sur la gauche en entrant dans la prairie. Il est 16h30 quand on pose le sac. Nous avons mis 8 heures à faire le trajet, pour 7 heures de marche selon le topo-guide. Total des dénivelés positifs : 937 mètres. Total des dénivelés négatifs : 640 mètres.
Nous repérons un ruisseau sur le flanc est du vallon, à droite en allant vers la cabane du berger, après des abris bâchés. En le remontant, on trouve la source et le tuyau qui signale l’eau pure. Et comme le brouillard est devenu épais, on peut faire un brin de toilette dans le ruisseau, en toute discrétion…

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Etape 17 – 29 juin 2011 : des cabanes de Cézy à Gourette

Près des cabanes de cézy, 7h20

Près des cabanes de Cézy, 7h20

Lever 7h00. Le ciel est dégagé. Un petit air frais nous oblige à passer la polaire pour le petit déjeuner.….

Cabanes de Cézy, tôt matin...

Tôt matin aux cabanes de Cézy, obligé de mettre le miel à chauffer sur le gaz…

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Nous ne sommes pas pressés, ce matin. On fait de l’eau. On plie tranquillement nos affaires. La journée s’annonce belle, pourquoi se presser ? On attend même un petit coup de soleil sur la tente avant de la plier. Soi-disant pour qu’elle sèche……………

Départ à 8 heures 30, à l’est, par le sentier  presque horizontal, large et clair de l’ancienne mine de cuivre. Il domine la vaste plaine du Soussouéou où tout nous semble petit.

flore

La partie du GR10 la plus fleurie de notre randonnée de juin

Puis, par des lacets, le sentier s’élève tranquillement vers le Cujalat de Hourtanet. Le soleil se fait timide derrière une petite brume. Le paysage change. La végétation est abondante et fleurie.

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Le pic du Midi d'Ossau dans la brume

Le pic du Midi d’Ossau dans la brume

Nous trouvons cette matinée très calme.  Le temps est superbe, le ciel est bleu, il ne fait pas encore très chaud. La montée est tranquille.
Peu à peu, nous quittons cette vallée qui surplombe le plateau de Soussouéou. Une dernière fois, nous voyons le Pic du Midi d’Ossau.

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De plus en plus de névés

De plus en plus de névés

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Nous passons un torrent et nous élevons rive gauche dans un sentier herbeux. Nous sommes désormais à hauteur des névés que l’on voit sur notre droite.………..

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Un replat avant la dernière montée

Un replat avant la dernière montée

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Nous arrivons par quelques lacets à une ancienne mine de fer, un endroit assez plat quasiment recouvert de névés.

Nous devons être vers 2100 mètres (avant de partir, on a oublié de régler notre altimètre qui n’est pas un modèle récent).

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Dernier regard sur la plateau de Soussouéou

Dernier regard sur le plateau de Soussouéou.

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On voit encore la vallée au fond de laquelle on distingue un peu du plateau de Soussouéou.

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Le sentier oblique légèrement vers la droite avant d’arriver au début de la dernière montée vers la hourquette d’Arre.

Nous devrions distinguer un pierrier, mais un névé le cache, ce qui nous désoriente un peu. Le sentier en lacets est d’abord herbeux.  Nous croisons un jeune couple très en forme qui a quitté Banyuls le 23 mai et qui va vers Hendaye. Il nous donne quelques informations intéressantes sur l’état du chemin pendant l’heure qui vient…

Le névé avant la hourquette

En haut du névé, juste quelques minutes avant la hourquette

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Nous nous engageons dans le pierrier vers 2200-2250 mètres. Peu après, nous sommes au pied du névé que nous franchissons dans les traces du couple qui vient de le descendre. Le soleil est intense, mais la neige reste dure.

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45 minutes plus tard, nous débouchons en haut de la hourquette d’Arre (2 465 mètres), sous un grand soleil.

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Surprise : de l’autre côté, c’est plein de névés. Nous suivons le conseils du couple : ne pas s’embarrasser avec les marques de balisages qui sont de toutes les couleurs, prendre franchement à gauche dès la hourquette franchie. Nous nous arrêtons près de la cabane des Chasseurs à 13 heures pour le casse-croûte.

Il fait beau. Le jambon et le fromage des Pyrénées sont encore plus délicieux à cette hauteur. Des lambeaux de brume montent des vallées et se déchirent. Tout en mangeant, nous lisons la carte. Sur le col, face à nous, nous repérons les deux cairns entre lesquels nous passerons pour descendre vers Gourette.

Heureusement, car au moment de repartir, la brume tombe d’un coup. Le temps de passer rapidement nos vestes, les cairns, à cent mètres devant nous, ne sont plus visibles. On reste à niveau pour traverser les névés au jugé et trouver le col. On repère les deux cairns et on entame la descente au-dessus du lac de Lavedan. Les lacets dans le pierrier sont raides. On ne voit rien du paysage. On traverse de nombreux névés sur des traces laissées par ceux que nous avons croisé le matin. A chaque fois, il faut repérer le sentier dans le pierrier à l’autre extrémité du névé. Parfois, nous les traversons l’un après l’autre pour ne pas risquer de perdre la trace. Dans les bâtiments de l’ancienne mine de fer, on perd notre chemin pendant une bonne dizaine de minutes.

On franchit le déversoir du lac d’Anglas sans le voir (2 068 mètres, on a réglé l’altimètre en passant la hourquette !).

Commence alors la longue et fastidieuse descente vers Gourette. Le sentier est mal empierré, les lacets sont raides. Nous croisons deux randonneurs allemands très chargés, qui montent vers la hourquette. La barrière de la langue nous empêche d’échanger.
Peu à peu, la brume se lève et on peut voir le gave du Valentin en contrebas. Il descend alors en pente plus douce dans les prés, puis dans la forêt, avant de se terminer en haut de la station de Gourette (1 346 mètres). Il est 16 heures 30.

Le topo prévoit 6 heures pour ce trajet. Hésitations et arrêts compris, nous avons mis 8 heures. Total des dénivelés positifs : 815 mètres. Total des dénivelés négatifs : 1119 mètres.

Et ce n’est pas fini !

Nous descendons dans la station pour la traverser. Rapidement, car c’est moche, une station de sports d’hiver en été. Au centre, une épicerie est ouverte, ce qui nous permet de faire des courses d’alimentation. Nous descendons au camping du Ley, par la route : 1,2 km de marche sur un enrobé tout neuf et tout chaud…

Petite frayeur au camping qui n’est pas encore officiellement ouvert. Les gérants, vraiment très sympathiques, nous laissent bivouaquer à condition d’être discrets.

Le lendemain, on retrouvera des randonneurs avec qui nous étions au refuge d’Ayous et qui ont fait Gabas-Gourette d’une seule traite. Ils étaient une heure après nous à la hourquette d’Arre. Mieux équipés que nous (GPS, altimètres précis) ils ont erré une heure avant de trouver les cairns indiquant la descente vers Gourette. Or, il n’y a guère plus de 300 mètres à parcourir entre la hourquette et les cairns… Ils nous ont – gentiment- reproché de ne pas avoir laissé des traces claires. Nous, on a fait ce qu’on a pu !!!

Publié dans Année 2010 | Tagué ,