Etape 23 – 14 juin 2011 : de Barèges au lac d’Orédon

Lever 7h00 et départ à 8h45. Il fait suffisamment beau pour qu’on laisse à la tente le temps de prendre un coup de soleil avant qu’on la plie.
Quittant le camping, il faut retraverser Barèges pour gagner un pont en sortie de ville, permettant de franchir le Bastan. Le sentier grimpe derrière une ancienne gare de téléphérique (en fait : une sorte de gros immeuble en béton, sans esthétique aucune, très moche).  Nous sommes très vite en sous-bois, puis en balcon au-dessus des prairies et de la route en contrebas.
Nous passons au large d’un groupe de granges transformées en châlets avant de descendre vers le gué d’un ruisseau, sous une ferme, et de retrouver la route goudronnée qui mène au Tourmalet. On la prend à gauche pour gagner le parking de Tournabout (10h30 environ).

Sur le parking, prendre franchement à droite, vers le sud, une voie carrossable qui passe près de la gare des téléskis. Puis, sur la gauche, un sentier qui passe au-dessus du jardin botanique, le long d’une clôture électrifiée.

Plus tard, nous passons le pont de la Gaubie (1538 m). La voie est carrossable pendant 1,5 km environ. Un petit pont sur un torrent et on se trouve à l’embranchement menant au lac dets Coubous (1750 m). On s’engage alors dans la vallée d’Aygues-Cluses. Nous montons lentement, longuement et tranquillement dans des bois de sapins, des rhododendrons, sur des allées de cailloux ou des sentiers de terre. Quelques passages se font dans les blocs de rochers. On voit quelques laquets plus ou moins humides, quelques petites cascades. On fait une pause casse-croûte.

La cabane d’Aygues-Cluses

A la reprise, la vallée s’élargit. On passe une barrière. Un peu avant 16 heures, on entrevoit enfin la cabane d’Aygues-Cluses.
Nous y avons dormi, en 2007, lors d’un trajet de 3 jours partant du lac du Cap-de-Long, refuge de Packe, Col de Tracens, col de Madamète, cabane d’Aygues-Cluses, col de Madamète, lac d’Orédon, lac du Cap-de-Long. Joli souvenir…
Nous ne faisons pas attention, captivés par cette cabane, au GR qui oblique vers la gauche bien avant la cabane. Du coup, nous errons une bonne dizaine de minutes avant de le retrouver.

Pancarte au premier lac de Madamète

Le sentier descend un peu avant de remonter direction sud-ouest vers les lacs. On fait quelques grimpettes assez sérieuses avant de voir le premier lac. La montée jusqu’au col est longue, mais pas difficile. On traverse plusieurs secteurs de gros blocs. Dans l’ensemble le sentier est bien marqué à la peinture. En outre, il est souvent très bien cairné.

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Une heure avant le col de Madamète

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Curieusement, ce sentier ne ressemble en rien aux souvenirs que nous en avons. Même  si, à plusieurs reprises, nous les retrouvons. Nous avions en mémoire un sentier sans les  gros blocs de cailloux.
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Joli bord de lac !

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Peut-être que la présence des lacs qui sont bien en eau à cette saison, modifie notre perception de la montée ? Mais non, ce n’est pas une explication suffisante. Par exemple, juste avant le col, nous avions le souvenir d’une sente bien marqué alors qu’on y arrive par un fouillis de quelques lacets.

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Un lac de Madamète

Un autre…

… et deux autres.

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Traversée d’un névé

On est pourtant en juin !

..Nous traversons plusieurs névés avant d’atteindre, vers 17 heures,  le Col de Madamète qu’il est impossible de manquer, le sentier étant évident depuis longtemps. ………..

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Au col, le temps d’admirer le paysage et de se faire ventiler, on reprend le sentier pour descendre vers Oredon. D’autant que le ciel ne nous incite pas à trop nous attarder !

Le col de Madamète

Vu du col, le Gourg de Rabas

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D’abord, c’est le Gourg de Rabas (2397 m), un lac noir que l’on voit du col. On le passe par la gauche, dans de gros blocs. Il y a deux marques de GR. Il faut prendre la plus récente qui fait passer au bord du lac.
Puis on descend en dessous du Pic d’Aumar, par un sentier bien marqué, parfois empierré de gros blocs qui lui donnent un air d’escalier, vers les replats herbeux qui bordent le lac d’Aumar (2212 m). Nous croisons trois personnes qui partent pêcher et bivouaquer près des lacs de Madamète, avec la poêle et l’huile d’olive dans leur sac !

Le lac d’Aubert et, au fond, le barrage

Compte-tenu de l’heure (nous avions prévu d’être à 19 heurs au refuge d’Orédon !), nous quittons le GR pour prendre le raccourci sous le barrage du lac d’Aubert (2150 m). On traverse l’aire de bivouac. Quelques tentes y sont plantées, mais on ne voit personne.

La descente est sympathique. On passe près de plusieurs laquets avant de descendre dans un sentier serpentant sous un bois de sapins. On borde un torrent avant de prendre le sentier horizontal juste au dessus du lac d’Orédon, qui en quelques dizaines de mètres nous fait accéder au parking. Même en pressant le pas, compter une bonne heure et demie pour cette descente.

Au parking, il reste encore un petit quart d’heure pour gagner le châlet-refuge d’Orédon qui est au-delà de l’autre extrémité du parking.  Nous y arrivons un peu avant vingt heures. Ici aussi, notre réservation n’a pas été reçue du fait d’une mauvaise liaison téléphonique. Il faut aller à un endroit précis de la terrasse pour capter le réseau ! L’accueil est excellent, tout comme le repas et l’ambiance réchauffée par la bûche qui se consume dans la cheminée.

Le lac d’Orédon

Plus tard, nous retournons au bord du lac d’Orédon pour bivouaquer, tout près de la maison du Parc où nous trouvons une herbe convenable (toilettes et eau potable)… Papotage avec les voisins, des Toulousains qui vont faire le Néouvielle demain tôt matin. L’un d’eux nous  conseille de remonter demain au Lac d’Aumar, afin de gagner le lac de l’Oule en prenant le col d’Aumar. C’est « superbe et inoubliable », selon lui, bien plus beau et facile que la route par Estoudou qui « est dure et sans aucun charme », nous assure-t-il. Son épouse y a versé des larmes, ils ont frôlé le divorce, se rappelle-t-il !  Sauf que la saison touristique n’étant pas commencée, nous ne pourrions remonter au lac d’Aumar avec le car. A pied, ça ne nous tente pas ! Non merci… Nous monterons donc demain au col de l’Estoudou.

Ce jour, nous avons passé 12 heures sur le sentier, beaucoup plus que le temps prévu par le topo… Qui est parfois très optimiste, selon nous ! Le dénivelé positif est de 1269 mètres et le dénivelé négatif de 753 mètres.

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Etape 24 – 15 juin 2011 : du lac d’Orédon au refuge de Bastan

Le route jusqu’au refuge de Bastan n’étant pas trop longue, on s’offre un lever tardif. Nos voisins ont décampé tôt et discrètement. Petite surprise : on ne trouve pas le sac du petit-déjeuner. On ne l’a pourtant pas oublié à Barèges ? Non, il est éparpillé autour de la tente. Les sacs congélation dans lesquels on range les aliments sont percés. Serait-ce un des chiens du berger qui nous suivaient hier soir ? Plus tard, on nous suggérera que ce sont des renards. Toujours est-il que rien n’est gâché.  Nous pouvons petit-déjeuner. Désormais, on ramassera plus soigneusement les sacs d’aliments…

A 9 heures, on pose le pied sur le GR, derrière la maison du Parc. La montée est sérieuse, le Toulousain n’avait pas menti ! Ce n’est  toutefois ni les travaux forcés, ni l’enfer. Suffit de ne pas trop se presser. Le sentier est parfois empierré. Il s’élève en sous-bois sous les sapins. Il fait encore frais.  Assez vite, en nous retournant, nous voyons le col de Madamète derrière nous. A deux reprises, la vue de dégageant, nous avons l’impression d’être au col, mais non, pas encore ! On imagine trop souvent que l’arrivée à un col va être soudaine. Pourtant, c’est toujours la même chose : avant le col, il y a un faux-col, un ressaut, une petite prairie, quelques lacets…

Avant le col, le sentier débouche du bois dans prairie. On atteint ensuite rapidement le Col d’Estoudou (2260 m). Il y a un peu de monde. Un groupe d’une dizaine de personnes avec leur guide qui nous détaillera les sommets, un jeune couple. À dire vrai, même, c’est la première fois qu’on voit tant de monde ! Il est vrai que c’est grand beau temps. Nous discutons un peu avec les deux jeunes qui terminent le circuit que nous avions fait en 2007, du Cap-de-Long au refuge Packe, col de la Glère, col de Tracens… De la cabane d’Aygues-Cluses, ils sont passés par les cols de Barèges et du Bastanet et ont quitté ce matin le refuge de Bastan. Ils sont fatigués, mais dans leurs yeux et à les écouter, on devine qu’ils ont fait une belle course.

La descente du Col d’Estoudou au lac de l’Oule (1821 m) se fait sans difficulté, tranquillement, dans  un bois de sapins. On croise trois personnes. Décidément, aujourd’hui, il y a foule sur le GR !

Pont et cabane au nord du lac

Le lac de l’Oule

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Au bord du lac, le soleil tape fort. Nous le contournons par le Nord jusqu’à l’embranchement du sentier menant au Bastan. Nous nous arrêtons pour casser la croûte vers 12h30, juste après une cabane (fermée), à l’ombre de quelques pins. Précisons que les sandwiches du refuge d’Orédon sont conséquents !

Une heure plus tard, après que mon infirmière préférée a remis en état mes pieds, nous prenons la  montée vers le refuge.

La cabane du berger de Bastan

On prend vers le nord, le sentier qui traverse une pinède. Le sentier est évident, mais le marquage est souvent absent. Vers quinze heures, nous passons au-dessus de la cabane de Bastan (2110 m) qui est occupée par un berger.

A une bifurcation qui mène au col du Portet, (2192 m), nous quittons le GR en prenant sur la gauche. Nous traversons des prairies. Peu à peu, on s’enfonce dans la vallée.

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Le lac inférieur de Bastan

Après une montée, on distingue le premier des lacs de Bastan, le lac inférieur. Il est seize heures. Le temps a un peu fraîchi. Depuis le Lac de l’Oule, nous avons croisé quelques jeunes qui descendaient. Puis personne. C’est une montée très calme.
On redescend un peu pour contourner le lac par le droite. Puis on remonte pour atteindre le  lac du milieu. On le contourne par sa gauche. Un homme médite devant ce lac placide. Déjà, on distingue le refuge caché dans son bouquet de pins. On grimpe quelques lacets pour atteindre le refuge de Bastan (2240 m).
Nous devions bivouaquer. Le temps de cette nuit s’annonce incertain. Même le gardien craint l’orage. On décide donc de dormir au refuge.

Le dortoir du refuge de Bastan (pour nous seuls !)

En attendant le soir, farniente devant le refuge en écoutant de la musique sacrée -le gardien a mis un CD de Gounod-  et en regardant les Béarnais jouer à la pétanque. Puis repas consistant en compagnie de quatre Béarnais qui, depuis plus de vingt ans, passent chaque année une semaine de vacances dans un abri à côté du refuge. Au dessert : crêpes flambées accompagnées des excuses du gardien qui a découvert que nous sommes bretons.  On se demande pourquoi il s’excuse, ses crêpes sont excellentes !
Quand nous évoquons notre aventure du matin, on nous assure que ce n’est pas un chien, mais un renard qui a pointé son museau sous l’auvent de la tente et qui a voulu nous prendre notre petit-déjeuner. Le gardien nous raconte comment un renard a pénétré dans le sous-sol du refuge en dégradant une planche de bois et l’isolation, et a percé 300 canettes de coca !!

Le lac du milieu vu de l’étage du refuge de Bastan

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Cette nuit, nous avons le  refuge pour nous seuls. Le luxe !

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Ce jour, nous avons passé 7h30 sur le GR. Le dénivelé positif est de 823 mètres. Le dénivelé négatif est de 439 mètres.

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Etape 25 – 16 juin 2011 : du refuge de Bastan à Vignec

Lever 7h15 après une excellente nuit. C’est bien d’être seuls dans un dortoir ! Petit-déjeuner avec Cédric, le gardien, puis départ à 8h15.

En-dessous du refuge de Bastan

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Au bout du lac, un dernier regard au refuge de Bastan, en regrettant de ne pas avoir pris de photo. Sur celle-ci, à droite, on distingue le chemin qui y mène en contournant un bosquet de sapins. On le distingue sur la gauche, ainsi que ses panneaux solaires, un peu en dessous.

Le temps couvert n’annonce pas franchement la pluie. Pourtant, après les lacs, la vue d’un arc-en-ciel et les premières gouttes de pluie nous font nous équiper. Evidemment, cinq minutes plus tard, plus de pluie…

Après les lacs, nous prenons le sentier à gauche qui serpente à flanc de versant, comme nous l’a conseillé Michel. Cela évite de descendre jusqu’à la bifurcation. Jusqu’à l’escarpement rocheux, le sentier s’étire à l’horizontale au flanc de pentes raides, au travers de pelouses. On surplombe le lac de l’Oule. Le sentier n’est pas dangereux, mais nous restons attentifs à ne pas faire de faux-pas, le lac est vraiment trop loin de nous ! Avant l’escarpement rocheux, le balisage a été légèrement modifié pour nous faire passer en-dessous.
Puis on s’oriente Nord-Est. Le temps est toujours frais. On traverse des prairies où paissent des vaches. Le sentier est quasiment horizontal. C’est maintenant le territoire de l’ours que des randonneurs ont photographié dans les parages. Le sentier descend vers un ruisseau, puis remonte.

Au col du Portet, la mer de nuages…

On atteint le col du Portet (2215 m) à 10 heures. Devant nous, une mer de nuages sous le soleil…

Le sentier descend à gauche du col, parmi les aménagements du domaine skiable, les canons à neige… Au bout de 10-15 minutes, la brume, qui s’était retirée, revient. On a parfois un peu de soleil. Il fait bon, on a remisé les polaires dans le sac, mais on garde les guêtres et la veste. A la zone aménagée en piste de ski succède une piste pastorale, qui se transforme en sente dans les prairies. La brume s’est transformée en brouillard humide. L’herbe est trempée. On avance désormais à l’intuition. Nous calculons la visibilité : inférieure à vingt pas. Il faudra bientôt sortir la boussole ! Nous croisons le berger qui garde un troupeau de 300 vaches et 1600 brebis sur cette estive de 600 hectares. La semaine prochaine, il l’emmène vers l’estive de Bastan et habitera dans sa cabane. Il nous indique que nous sommes proches d’une clôture en barbelés qui délimite son estive de celle de Vieille-Aure et que suit le GR. Nous serrons à droite jusqu’à la trouver.
Après une zone boueuse, on descend dans des taillis de genêts qui mouillent copieusement nos pantalons et les chaussures.
A 12h30, on s’arrête sur un bout de rocher pour piocher dans l’abondant pique-nique que nous a fourni le gardien du refuge de Bastan.  Passent deux randonneurs anglais. Nous ne verrons personne d’autre ce jour.

L’abreuvoir « moderne » sous le brouillard

Nous arrivons à un abreuvoir (« moderne », précise un topo).  Juste après, nous trouvons une piste. Puisque nous ne voyons rien du paysage, nous décidons de rejoindre la piste, puis la route qui descend dans la vallée. Nous passons des barrières à bétail. Au bout d’une quinzaine de minutes, nous débouchons sur la route. La brume est moins dense et moins humide. On voit Vielle-Aure et Saint-Lary en dessous. Vers 1150 m, un minibus de Pyrénées Espace Montagne s’arrête et la jeune femme qui le conduit nous propose de nous descendre jusqu’au camping de Vignec (800 m). Ce que nous acceptons… Nous sommes à Vignec à 15 heures.

A Vignec, le camping de l’Artiguette est peu peuplé à cette époque. C’est un camping basique : emplacements prévus pour des tentes familiales et des caravanes ou camping-cars, donc confortables pour une tente, local à vaisselle, local sanitaires-toilettes et douches. L’eau est bien chaude et la nuitée peu onéreuse…  (10,50 €). Nous faisons des courses dans un petit supermarché, au bord de Vieille-Aure, à plus de 2 km de Vignec.

Nous avons passé près de 7 heures sur le chemin. Le dénivelé négatif est de 1440 m. Le brouillard nous a fait traverser le Pla de Castillon sans le voir. Dommage !

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Etape 26 – 17 juin : De Vignec à Germ

Réveil à 7h00, départ à 8h15. Le ciel est moyennement encourageant. De Vignec, il faut se rendre à Bourisp (800 m) pour retrouver le GR10, ce qui prend une heure !
En fait, il y a un camping à Bourisp. Il est un peu plus cher que celui de Vignec (3 €), et semble un peu plus bondé. Mais il se trouve à 5 minutes du Supermarché où nous avons fait nos courses la veille, et à 5 minutes du départ du GR…

Bourisp

Un coup d’oeil sur la jolie église (fermée) de Bourisp et nous partons. Nous grimpons d’abord sur un chemin dallé et bétonné. Au-dessus de Bourisp, une aire équipée de quelques sièges permet d’admirer la vallée. Nous nous attardons un instant, repérant d’où nous venons. Le sentier continue en s’élevant et en serpentant sous les noisetiers.
Nous passons un premier village, Estensan (1004 m), puis un hameau, mécontentant un chien qui nous aboie dessus pendant une longue centaine de mètres. Depuis qu’un chien m’a mordu, lorsque j’étais enfant, je n’aime pas quand ils nous aboient dessus.
Nous prenons un sentier bordé de frênes pour atteindre le village d’Azet (1168 m). C’est l’heure de la pause pour les ouvriers du chantier de travaux publics qui occupe tout le centre de ce petit bourg. Nous continuons sur la route goudronnée qui mène au Louron. Nous faisons un arrêt quelques minutes plus tard, à la reprise du sentier, à droite, juste pour nous désaltérer et manger quelques fruits secs.
Le sentier devient vite un chemin creux au-dessus d’une imposante vallée. Nous passons quelques granges. Cette montée me semble interminable, sans intérêt, ennuyeuse. Le contre-coup de la journée d’hier passée dans le brouillard ? Je ne sais pas. Toujours est-il que lorsque le sentier croise la route, juste après être passé entre deux granges (1435 m), j’insiste pour qu’on prenne la route vers le Col d’Azet qui se trouve à 2,5 km. Nous éviterons le Couret de Latuhe. Nous continuons donc hors GR, bien au soleil qui brille dans un ciel sans nuage.

Nous atteignons le Col d’Azet (1550 m) vers 12h30 et nous installons pour un solide pique-nique. Nous avons une belle vue sur Val Louron, Loudenvielle. Nous scrutons en vain le versant qui le surplombe pour essayer de voir où se trouve Germ. Au moment de partir, je dois reconnaître que j’aurais mieux fait de regarder la carte avant de décider de rester sur la route goudronnée qui mène à ce col. Nous sommes trop haut…

Descente dans les prairies, au niveau du village de vacances du Val Louron

Heureusement, retrouver le GR est aisé. On descend vers Val Louron en suivant la route, puis après 10 minutes de marche et un tournant, on repère le GR10 sur la droite. La descente est facile, d’abord dans des prairies sous un fort soleil, puis au milieu de fougères. On arrive au bord d’un mur de grosses pierres que l’on suit, sous des frênes. Le sentier devient humide, boueux, puis on continue dans des prairies.

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Au-dessus de Loudenvielle

On descend ensuite dans un versant pentu, en plein soleil, au milieu des fougères, avec une belle vue sur Loudenvielle et la lac de Genos.  Le vent est fort et nous rafraîchit agréablement.

Arrivés à une petite cascade, on continue sur la gauche, par un escalier en bois. Un moment, on se retrouve dans une brousse d’orties et de ronces. Passage pas vraiment agréable : nous sommes en shorts… Puis le sentier s’élargit. On passe près du camping avant d’arriver dans Loudenvielle (970 m).

Là, il y a une anomalie touristique : pour aller vers les commerces et les cafés, il faut tourner à gauche. Pour aller vers Germ, c’est tout droit. Dommage, on se serait bien assis à la terrasse d’un café, mais rien ne doit nous détourner de notre but !

Nous continuons donc tout droit, jusqu’à l’église. Le sentier se trouve juste après. Il est raide, monte en sous-bois (noisetiers) par de nombreux lacets. On passe deux barrières. Le vent est toujours très fort. A la fin, le sentier s’élargit entre des prairies à faucher. On atteint Germ (1339 m) lorsque la cloche sonne 16 heures.

Un tout petit aperçu du jardin du Cntre de montagne de Germ

Nous nous rendons au « Centre de montagne » de l’association « Accueil sans frontière ».
Dans le tout petit village de Germ, ce gîte d’étape est facile à trouver. C’est un grand et beau bâtiment, avec un joli jardin. L’accueil y est excellent (nous avons eu la sensation d’être attendu). Le logement est au-dessus de tout ce que nous avons connu dans les autres gîtes : vaste, joliment décoré. nous logerons dans une chambre à deux lits. Et en plus, ce n’est pas très onéreux.
L’orage et/ou la pluie menaçant, nous choisissons de loger en pension dans ce grand gîte qu’on nous laisse, entièrement ouvert, pour la nuit.

Ce jour, nous avons passé un peu moins de 8 heures sur le GR. Le dénivelé positif est de 1119 mètres. Le dénivelé négatif est de 580 mètres.

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Etape 27 – 18 juin : De Germ aux Granges d’Astau

Lever vers 7h30. Petit déjeuner en tête-à-tête dans la vaste salle à manger du Centre de montagne de Germ.

Nous faisons nos sacs et nous tenons prêts à partir dès que le temps se sera un peu amélioré. La jeune femme de l’accueil estime que la météo peut s’améliorer dans le milieu de la matinée. Nous attendons que le brouillard épais se lève. Vers 10 heures, les deux jeunes anglais qui sont arrivés en début de soirée décident de partir pour tenir leur planning et être à temps dans une gare, leur billet étant réservé.
Vers 11 heures, ça semble se dégager. La météo montagne prévoit une amélioration dans l’après-midi. Le temps de mettre les chaussures et les vestes, de saluer l’animatrice et nous sommes partis.

La retenue et à droite, le chemin qui monte vers Ourtiga

Passage boueux avant la passerelle

Nous traversons le petit village de Germ (47 habitants), puis attaquons le sentier bien raide,  histoire de se mettre en forme ! Au bout d’une demie-heure, le sentier devient quasiment horizontal, monte un peu, redescend, remonte, contourne un éboulis. On s’élève tranquillement jusqu’à une passerelle (1487 m) qui se trouve au-dessus d’une retenue d’eau. On rejoint le chemin carrossable qui vient de Germ. Nous contournons la retenue par la gauche et continuons à monter tranquillement vers la cabane d’Ourtiga (1620 m) que nous atteignons un peu avant 14 heures.

Au début du sentier, nous avions une vue sur la vallée et sur Loudenvielle. Puis le temps s’étant à nouveau couvert, avec une petite pluie, la visibilité est devenue plus réduite. À la cabane d’Ourtiga, malgré la prévision optimiste de la météo, nous ne verrons ni le Couret d’Esquierry, ni les pics de Peyragudes et de Hourgade. Tant pis ! Mais aussi tant mieux, car comme nous ne voyons rien, nous ne sommes pas impressionnés par le dénivelé. Ce qui n’est pas le cas de tout le monde ! (cf. Eric C.)

La cabane d’Ourtiga

La cabane est ouverte. Nous y entrons pour casser la croûte à l’abri de l’humidité. Il y a une table, on en profite pour nous chauffer du thé. Le rez-de-chaussée de la cabane est assez propre, sauf que le ramassage des bouteilles n’a pas été fait depuis un certain temps… Pourtant, en montagne, on doit descendre ses déchets…

Nous repartons vers 14h30. On descend au sud, vers le replat où se rejoignent les ruisseaux de Nère et de Hourgade. Nous traversons un premier torrent et on s’égare un peu, les marques du GR n’étant pas là où l’on pense les voir. Nous avons mal lu la carte et le topo qui précise « traverser les torrents » (et non « le » torrent). De fait, dès qu’on revient vers les torrents, sur la gauche, on retrouve le marquage rouge et blanc du GR.

Après avoir traversé les torrents (sans prendre de bain de pieds), la montée est constante vers le Couret d’Esquierry (2131 m). La visibilité est inférieure à 20 mètres. On ne voit rien sur les côtés, rien sur l’avant. Un peu avant le couret, on s’égare quelques minutes au pied d’un gros névé, les cairns n’étant plus en place, le sentier recouvert de neige et vierge de toute trace de pas.

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Ce que nous n’avons pas vu…

Le topo précise que « le cheminement est aisé  » jusqu’au Couret. C’est vrai. Par temps clair, on ne peut pas se tromper, mais dans ce brouillard… Même si on sait lire une carte, on ne remarque pas toujours certains détails. Le topo aurait pu préciser que la montée est constante et que sur longueur de 3 km, le dénivelé passe de 1620 à 2131 mètres. Dans ce brouillard, ça nous aurait aidé à mieux nous repérer.

Passé le Couret, on descend dans la vallée d’Oô, vers les granges d’Astau. Un peu en-dessous, on fait une pause technique pour passer des chaussettes sèches. Le confort s’en trouve amélioré pendant… quelques minutes. La descente débute par une piste évidente dans des éboulis. Humide, elle est souvent glissante. Nous ne voyons toujours pas le paysage. Evidemment, on passe sans voir la première cabane de berger qui est un peu à l’écart du GR. Après la seconde, qui est fermée, on traverse des prairies. Une pluie fine se met de la partie. Comme l’herbe est haute et malgré les guêtres, le pantalon est trempé et les chaussures prennent l’eau.

Vers 1600 mètres, nous entrons dans une forêt impressionnante, au feuillage important.  La brume se fait plus légère, mais il pleut davantage. La descente se fait par de nombreux lacets, parfois glissants. Heureusement, on peut prévoir !
Vers 1300 mètres, on aperçoit enfin, en contrebas, un bout de la route qui mène aux Granges d’Astau. Déduction : nous sommes en-dessous de la couche de brouillard (oui, on ne marche pas comme des bêtes, on réfléchit !). Puis on sort de la forêt. On découvre la vallée, les quelques maisons, le parking, les voitures, quelques personnes ici et là…
On franchit la Neste d’Oô par le pont d’Astau (1139 m). Encore un petit bout de route avant d’arriver à l’auberge un peu avant 19 heures.
Le gîte d’étape est tenu par l’aubergiste. L’accueil est fort aimable. Nous mangeons à l’auberge où nous manquons de peu d’être les seuls clients.  Par contre, nous avons le gîte pour nous seuls. L’aubergiste nous donne deux bûches pour faire sécher nos chaussures dans la cheminée, ce qui s’avérera nettement insuffisant !

Ce jour, nous avons passé un peu moins de 8 heures sur le chemin. Le dénivelé positif est de 792 mètres. Le dénivelé négatif est de 992 mètres.

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Etape 28 – 19 juin 2011 : Des Granges d’Astau à Espingo

Réveil à l’heure habituelle. Marie-Noëlle est déjà à déjeuner. De mon duvet, ce que j’aperçois par la fenêtre étant moyennement engageant, je traîne un peu…
Petit déjeuner dans la salle, à table, assis sur des bancs. C’est dimanche ! Ne manquent que les croissants…

Aux Granges d’Astau, le départ du GR 10 vers les lacs d’Oô et d’Espingo

Le temps s’annonce beau, mieux que ce que j’imaginais avant de me lever.  On quitte le gîte à 9h15, en espérant être sur le GR avant la foule du dimanche. Il n’y a pas trop de voitures sur le parking. Quelques personnes qui mettent leurs chaussures ou vérifient leurs sacs. Dans la prairie, au bord de la Neste, une famille de campeurs plie leurs tentes. L’ambiance, à ce moment, est champêtre.…………………

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Vue sur le Val d’Astau en montant au lac d’Oô

La montée au lac d’Oô se fait par un sentier empierré et bien tracé, en lacets, presque totalement à la fraîcheur de l’ombre de sapins et de pins sylvestres. C’est agréable. Et comme l’étape est courte, pourquoi se presser ? D’autres randonneurs qui montent pour la journée, eux non plus ne semblent pas très pressés.

En 1 heure 15, nous sommes au Lac d’Oô (1504 m).

Nous croisons quatre randonneurs dont l’un possède une maison dans la vallée d’Astau. Tout en admirant le paysage et la cascade haute de 273 mètres, c’est l’occasion de partager quelques histoires et de parfaire notre connaissance des Pyrénées, du pastoralisme, par exemple.

Le pont et le refuge du Lac d’Oô

Le pont qui mène au refuge

La cascade au fond du Lac d’Oô

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Le refuge du Lac d’Oô

Mais on ne va pas rester toute la journée à regarder le refuge de l’autre côté du barrage… Nous reprenons la montée vers la Lac d’Espingo. La montée est régulière, d’abord ombragée, puis au soleil. Au gros rocher (1987 m), nous repérons le sentier qui mène à la Hourquette des Hounts-Secs que nous atteindrons le lendemain.

Nous continuons à monter dans des lacets qui se raccourcissent et débouchons, un quart d’heure plus tard, au col d’Espingo (1967 m). Il est 13 heures. Magnifique vue sur le cirque et les sommets qui l’entourent, le Quayrat, Spigeoles, Portillon, Gourgs Blancs…
Nous retrouvons les quatre randonneurs et on se raconte des histoires d’ours et de renards, tout en détaillant le paysage qu’ils connaissent mieux que nous.

Le refuge d’Espingo

En quelques minutes, on atteint le refuge pour se signaler au gardien (nous y prendrons le repas du soir) et demander où l’on peut camper. Il y a une quinzaine d’années, nous étions passés poser des affaires dans ce refuge avant de monter au-dessus du Portillon, nous constatons qu’il a bien changé.
Aux abords du refuge, il y a quelques places après un bosquet de sapins et la zone de l’hélicoptère. On le teste le temps de casser la croûte.

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Le déversoir du Lac d’Espingo

Le début de la cascade du Lac d’Oô

L’après-midi se passe en petites siestes, ballade au Lac Saussat pour trouver un coin de bivouac. On descend vers le déversoir du Lac d’Espingo, d’où l’on gagne, par deux passerelles, un endroit en surplomb de la cascade qui  se jette dans le Lac d’Oô. Bel endroit et bel à-pic, on admire sans s’attarder…

Au coucher du soleil

Finalement, vers 17 heures, nous posons nos tentes au milieu du cirque d’Espingo, après les ruines, face au mont Quayrat et à la montée vers le lac du Portillon (souvenir d’une montée en-dessous du Spigeolles où, au col du Pluviomètre, nous avions entendu grésiller avant l’orage).
Repas consistant au refuge, avec trois anglais et quatre randonneurs qui traversent les Pyrénées de l’est vers l’ouest, bien chargés et en faisant des étapes parfois bien longues.

Ce jour, nous n’avons passé que 3 heures 45 sur le GR. Le dénivelé positif est de 828 mètres. C’est vraiment une portion de sentier sans souci et c’était une belle journée.

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Etape 29 – 20 juin 2011 : D’Espingo à Bagnères-de-Luchon

Lever au réveil à 6h45 pour ne pas manquer le petit-déjeuner au refuge. Démontage de la tente, rangement des affaires dans les sacs et à 7h30, nous sommes au refuge en même temps que le couple de jeunes pêcheurs qui a bivouaqué tout au bord du lac.

Au col, le soleil commence à éclairer la vallée du Lac d’Oô

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Départ à 8h15 après quelques considérations sur la tenue des différentes tentes au vent qui peut souffler très fort ici. Ne parlez pas au gardien de ces tentes bien connues qui se déplient toutes seules, il affirme qu’ici, elles s’envolent toutes seules… on le croit sur parole. On comprend aussi que ça l’agace, puisque c’est lui qui récupère les campeurs et qui ramasse les vestiges quand le vent se calme.……………..

Le gros rocher

A 8h15, nous partons. Du col (1967 m) nous redescendons au gros rocher (1910 m) pour obliquer à droite et prendre le chemin qui mène à la Hourquette des Hount-Secs.

Le Lac d’Oô et le refuge

On grimpe nord-ouest par une série de lacets sans difficultés. La vue sur la vallée du lac d’Oô est magnifique. Le soleil éclaire le versant qui nous fait face.
On voit le tout-petit refuge, la cascade… A 9 heures, l’hélicoptère passe dans la vallée. Il amène les ouvriers qui reconstruisent la cabane du berger, au bord du lac d’Espingo. En 50 minutes, il effectuera 11 héliportages, laissant dès le deuxième passage, une légère fumée bleue dans la vallée. Quand on dit que l’air de la montagne est pur…

Au fond, la Hourquette des Hounts-Secs d’où l’on vient

Au passage de la Hourquette des Hounts-Secs

A 9h45, nous sommes à la Hourquette des Hount-Secs (2265 m). On voit mieux le Pic de Spigeolles en même temps qu’on découvre l’autre vallée, très différente, une vaste estive.
En lisant le topo, on peut comprendre que l’on va au col de la Coume de Bourg (2272 m) en une heure un quart par une simple sente. En fait on descend et remonte trois fois : de 2269 à 2120 m, puis on remonte vers 2200m, on redescend et remonte encore une fois, puis on redescend à 2160 m avant d’accéder à la Coume de Bourg…

Avant le col de la Coume de Bourg, regard en arrière…

Ce parcours en yoyo est lié au fait que l’on se trouve à la base des pics de Coume Nère et de Subescale. Du coup, il faut corriger le dénivelé, car on monte plus qu’on ne descend.
Ce jour-là, l’endroit sent très fortement le mouton. Sensation déroutante de se savoir loin de tout, en pleine montagne, de ne voir personne alors que l’on découvre qu’un important troupeau de moutons était sur ce sentier pendant la nuit.

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Côté Pic de Néouvielle

A la Coume de Bourg, un double paysage s’offre à notre regard, avec le Pic de Néouvielle d’un côté, et les Crabioules de l’autre, avec beaucoup de névés sur les versants.
Le GR part sur la gauche. La descente est un peu raide, en dessous du Pic de Céciré. C’est la fin de la matinée, il fait très chaud. On arrive vite dans un zone où le sentier est étroit. Le topo signale le caractère délicat de ce passage. Une pancarte précise que le sentier est dangereux, que les randonneurs doivent s’y engager avec prudence, etc. De fait, il y a quelques passages dans du rocher, au-dessus d’une pente abrupte. Une chute serait grave de conséquences. Mais en période sèche, si on est vigilant et que l’on ne regarde pas le magnifique paysage tout en marchant, qu’il n’y pas de gens pressés qui nous croisent sans précautions (ça arrive, hélas!), ce n’est pas si dangereux que cela. D’ailleurs, nous doublons deux petits groupes de personnes encore moins jeunes que nous…

Borne IGN ?

La fin du sentier est sans risque. Elle mène à une borne IGN située à 1831 m, signale le topo. Si c’est ce bloc de béton, elle n’est pas très élégante…Le sentier continue quasiment à l’horizontale par une large piste jusqu’au départ des télésièges. L’endroit est assez abîmé par des travaux récents. On descend à Superbagnères, avec l’intention de trouver un café où boire quelque chose de frais. Mais en juin, rien n’est ouvert. On trouve juste de quoi remplir nos gourdes grâce à l’amabilité de jeunes employés du grand hôtel.

Le sentier de la crémaillère -mal indiqué- se prend sur la gauche, au bord de la route, avant qu’elle ne monte à la station. C’est un large chemin qui devient vitre abrupt, qui mène à une guérite abandonnée. C’est un un casse-genoux où on risque la glissade à chaque pas.
Après la guérite, le sentier part à gauche. Nous, bêtement, on suit une trace qui s’enfonce dans un bois de petits sapins. Quand nous admettons que ce n’est pas le GR, c’est trop tard ! Nous continuons, bien désorientés, jusqu’aux abords d’une station de production hydraulique. On suit la piste carrossable vers le nord-est en nous demandant si c’est la bonne direction. On arrive à un croisement de chemins. A droite, le GR qui déboule d’une sapinière. Droit devant, on arrive à l’ancienne halte d’Artigues, un bâtiment abandonné. Sans doute le seul endroit où l’on pourrait bivouaquer avant Bagnères-de-Luchon.
Le GR repart à gauche. C’est un large chemin qui longe une clôture en grillage. Puis on s’enfonce dans la forêt domaniale de Bagnères. On passe sous un pont qui a servi au train à crémaillère, puis on descend dans un sentier agréable, avec une végétation variée. A plusieurs reprises on reprend la piste. Rester vigilant pour ne pas manquer la dernière fois où l’on quitte cette piste pour entrer dans un hêtraie aux fûts majestueux.  Nous n’avons pas fait attention, si bien que nous avons dû rebrousser chemin, ce qui nous a coûté plus d’une heure de marche supplémentaire.
Dans cette hêtraie, la descente est facile, mais elle est longue. On débouche dans la ville de Bagnères (650 m) après un dénivelé de 1180 mètres entre la station et la ville. Il fait toujours chaud et nos gourdes sont vides. Un peu d’eau fraîche serait bienvenue. Justement, au bout du dernier lacet, adossée à un mur, on perçoit une antique borne à eau au-dessus de laquelle une pancarte signale « eau potable ». Je tourne la manivelle. En vain, il n’y a plus d’eau. C’est cruel…

En quelques minutes, on descend la rue, on prend à gauche puis à droite pour arriver sur une place de marché, face à une jolie église dont le joli carillon sonne 19 heures.

Dernier bivouac au camping

Pour rejoindre le camping des Thermes, nous prenons à droite et gagnons une large avenue. Sur la place des Thermes, une première pancarte indique la direction du camping, sur la route qui remonte à Superbagnères. Depuis le dernier lacet du GR, compter une bonne-demie heure pour y accéder.
On fait quelques courses alimentaires avant de nous y rendre. L’accueil est sympathique. Nous nous installons au plus près du bâtiment sanitaire et de l’entrée. C’est toujours drôle de camper parmi les caravanes et les camping-cars, une sensation d’être décalés…

Ce jour, nous avons passé 10 heures 45 sur le chemin. Le dénivelé positif est de 365 mètres. Le dénivelé négatif est de 1682 mètres. C’est un parcours dont les difficultés majeures sont la longueur de la descente à partir de Superbagnères et l’ampleur du dénivelé. Noter qu’il n’y a pas d’eau sur ce trajet.

C’est fini pour 2011, mais on compte bien reprendre la traversée en 2012…

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