21 juin 2011 : revenir à Arrens-Marsous

A Bagnères-de-Luchon, le camping des Thermes est à une extrémité de la ville et la gare SNCF… à l’autre extrémité. Il faut le savoir, plutôt que de partir sans regarder la carte de la ville.
Nous partons donc, en ayant fait nos sacs que nous laissons sous la tente qui sèche. A la gare, il y a un train pour Lourdes à 10h20, c’est à dire dans 20 minutes… Trop tôt pour nous… Nous revenons au camping prendre nos affaires et partons prendre un vrai repas dans un restaurant tenu par des Bretons de Nantes, si nous avons bien bien compris.
Puis nous revenons à la gare. En attendant le car, nous voyons arriver un des jeunes Anglais croisés à Germ, qui vient de passer une nuit à l’hôtel et qui va prendre l’avion pour retourner dans son pays. Vu qu’il n’a pas passé une semaine sur le GR, nous sommes étonnés des frais engagés pour de si courtes vacances…

A 14h55, nous prenons un car SNCF pour Montrejean. Nous sommes un dizaine de passagers, dont un randonneur qui achève aussi son parcours sur le GR10. Je somnole tout en admirant le paysage et en repérant des noms, sur les pancartes, des endroits où nous sommes passés à pied. A 15h55, le car nous dépose à la gare de Montréjean, ou nous prenons un train pour Lourdes. Un heure plus tard, à la gare de Lourdes, nous trouvons qu’il y a beaucoup du monde, une vraie foule…  En montagne, on oublie que la foule, ça existe. Le trajet de Bagnères à Lourdes nous a coûté 17,20 € par personne.

En face la gare, il y a plusieurs arrêts pour les cars. Il faut être vigilant car tous n’affichent pas leur destination. Nous prenons un bus affrêté par le Conseil général qui nous emmène à Argelès-Gazost, pour 2 €, en moins d’une demie-heure, malgré la circulation difficile dans Lourdes.
En été, il y a des navettes que l’on peut réserver et qui vous transportent pour la même somme, de Lourdes à Arrens-Marsous. Mais pendant l’année, ce n’est pas tous les jours …

Avant de quitter Bagnères, nous avons réservé un taxi qui peut nous « charger » à 18 heures. Nous attendons sur un banc, en face de la mairie,  en espérant que l’orage attende l’arrivée du taxi. C’est ce qui se passe. Premier coup de tonnerre lorsqu’il arrive. On a juste le temps de déposer les sacs dans le coffre avant les premières gouttes. L’orage dure une dizaine de minutes. Lorsqu’on arrive à Arrens, la route est déjà sèche… Le trajet nous a coûté 20 euros.

Nous retrouvons la voiture qui n’est plus seule sur le parking. Et nous commençons notre trajet de retour…

Cette année, on tient des comptes précis de nos dépenses. De l’arrivée à Arrens,  le 8 juin en fin de journée, au retour dans le même lieu ce 21 juin, nous avons :
– dormi 7 nuits dans des gîtes d’étapes ou refuges,
– passé 3 nuits dans des terrains de camping,
– consommé 5 petits-déjeuners,
– emporté 5 sandwiches (dont un pique-nique),
– Pris 5 repas du soir dans les gîtes ou refuges,
– été 3 fois au restaurant.
Le reste du temps, nous avons bivouaqué et consommé ce que nous avions acheté dans des épiceries et emporté dans nos sacs.
Tout ceci nous est revenu à 30 € par personne et par jour.
Les nuitées en pension complète (y compris le sandwich emporté pour le midi), en gîtes ou refuges, coûtent entre 38 et 45 €. Un repas du soir dans un refuge coûte 16 €, sans vin.
Par rapport à des randonnées des années précédentes, nous avons pu, de cette façon limiter le poids de l’alimentation transportée.
Si le temps avait été meilleur, nous aurions pu avoir un coût à la journée de 22-25 € par personne, en économisant au moins 4 nuits dans les refuges ou gîtes d’étape.

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9-12 juin 2012 : les aléas des trajets !

Le vendredi 9 juin, sur la route de Mérens-les-Vals, nous faisons une pause à Moissac. Le lendemain,  le temps d’une visite de la ville, nous laissons nos sacs fin prêts pour randonner sur la banquette arrière de notre voiture, à la sortie du camping. Trois heures plus tard, quand nous revenons, la porte arrière est  ouverte, une petite vitre fixe a été fracturée et … nos deux sacs à dos ont disparu, ainsi que mon sac de ville et un petit sac contenant ma polaire, des cartes, mon pantalon de montagne… Heureusement, nous gardons toujours nos papiers et notre argent avec nous.

L’après-midi est occupé par le dépôt de plainte à la gendarmerie de Moissac, la recherche d’un hôtel avec un parking fermé (Hôtel Marceillac,  à Castel-Sarrazin. Un hôtel Art déco avec un accueil excellent et prévenant). Le moral est très bas, surtout le mien…
Nous suivons le bon conseil du gendarme : ne pas quitter trop vite la région. Heureusement, car le lendemain en fin de journée, nos sacs ont été retrouvés. Après une nuit et une partie de la journée sous la pluie, chacun pèse au moins quarante kilos ! Par chance, il y a une laverie automatique juste en face l’hôtel. Nous y passons la soirée. Nous pouvons désormais certifier que les duvets en plume d’oie bien trempés ont été parfaitement récupérés après de longs passages dans le gros sèche-linge de la laverie.

Le lendemain, nous récupérons des affaires manquantes. Nous séchons les cartes dans la voiture. Nous cherchons un garage pour faire remplacer la vitre. Nous faisons des courses au Vieux Campeur de Toulouse où nous pouvons racheter un appareil photo, des frontales, un bob, un réchaud, une popote et un topo-guide. Ne manque que la liseuse avec tous les livres numériques et la pharmacie de Marie-Noëlle. Finalement, nous nous en sortons bien… Mais plus jamais nous ne laisserons nos sacs à dos bien remplis à l’arrière de la voiture. Ils sont bien plus en sûreté non chargés, dans le coffre de la voiture.
Nous avons eu le plaisir de croiser des gens fort sympathiques : le gendarme, la gérante de l’hôtel, l’agriculteur qui a retrouvé nos sacs et les a portés à la Mairie (ouverte en ce dimanche d’élections), son épouse qui m’a rendu une polaire et un pantalon rincés et séchés le lundi matin, le maire qui nous a rendu les sacs… Pour un malhonnête, combien de gens honnêtes…

Le GR10 à Mérens-les-Vals

Le GR10 à Mérens-les-Vals

Le mardi 12 juin, nous campons à Mérens-les-Vals. Le camping municipal est bien agencé et équipé. Comme nous sommes encore en mi-saison, le tarif est des plus compétitifs : 9 € la nuit par personne ! Le soir, nous montons jusqu’au gîte d’étape de Mme Fabert, au-dessus du village. Nous prenons le repas (35 € pour nous deux) en compagnie de randonneuses qui parcourent le chemin des Bonshommes, un chemin transfrontalier entre l’Ariège et la Catalogne. Le repas est copieux et nourrissant. Nous ne finirons pas l’énorme -et délicieux- plat de pâtes !

Bon à savoir : l’épicerie, située dans le bourg à un bon kilomètre du camping est fermée le mardi.

Le mercredi 13 juin, nous gagnons la gare de Mérens et prenons le Ter à destination de Toulouse à 9h15. En début d’après-midi, nous prenons un autre train pour Montréjeau, puis un car SNCF qui nous emmène à Bagnères-de-Luchon (coût du transport : environ 30 €).
Enfin, à 15 heures, nous reprenons le GR10 !

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Etape 30 – 13 juin 2012 : De Bagnères-de-Luchon à la cabane de Saunères

Donc, à 15 heures, nous descendons du car à Bagnères-de-Luchon pour reprendre le GR10. C’est un peu angoissant de reprendre le GR. On quitte un univers connu et où l’on est en sécurité pour un sentier où il va falloir ne compter que sur soi, sur ses capacités, qui va valider ou non ses prévisions. A-t-on assez d’eau ? de vivres ? Le sac est-il bien préparé ? De toutes façons, c’est trop tard pour le compléter. On part…
Mais c’est aussi excitant de partir. Après avoir passé des heures sur les cartes, les topos, le matériel, après avoir vidé plusieurs fois le sac à dos pour enlever ce qui l’alourdissait -sac qui sera de toutes façons trop lourd, après avoir rêvé le trajet, enfin, on part…
Il fait grand soleil et fort chaud. De la gare, on revient vers le centre-ville pour prendre à gauche, le chemin de l’aérodrome qui serpente le long d’un étang. Nous croisons de nombreux promeneurs. On suit ensuite La D46 qui passe par dessus une rivière et on traverse  Juzet-de-Luchon. Devant la mairie, une belle borne à eau… qui ne fonctionne plus.

Entre Juzet-de-Luchon et Sode

Entre Juzet-de-Luchon et Sode

Le premier escalier sur le sentier vers Sode

Le premier escalier sur le sentier vers Sode

Dans un lacet, nous repérons les marches du petit escalier qui nous met sur le chemin de Sode. L’ombre des arbustes est bienvenue. Le sentier coupe trois fois la D45.
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Entre Sode et Artigue

Entre Sode et Artigue

Sode

Sode

Sode est un petit bourg. En le traversant, on passe devant un Algeco sur lequel tente de flotter un petit drapeau tricolore qui nous rappelle que nous sortons d’une  période d’élections.

Le début du sentier horizontal vers Artigue.

Le début du sentier horizontal vers Artigue.

Dernier coup d'oeil sur Luchon

Dernier coup d’oeil sur Luchon

Après Sode, on suit un sentier presqu’horizontal  et on voit une dernière fois Luchon avant d’entrer dans le bois de Pan. Longue montée sous les bois avec une pente faible. Agréable. On descend un peu vers une ravine boueuse. On attaque ensuite la montée vers le village d’Artigue. On passe des cabanes. La montée s’effectue par de nombreux lacets, souvent en balcon. Une légère brume atténue le soleil.

L’église d’Artigue

Artigue

Arrivée à Artigue (1230 m) par un chemin horizontal, toujours en sous-bois. Le village est rapidement traversé. On admire la petite église pyrénéenne. Après le village, nous empruntons une large sente cimentée. Nous croisons un couple et devisons un instant à propos de la fraîcheur du moment, car la brume est tombée. Nous poursuivons au milieu de prairies fleuries. Avant le bois, nous distinguons des bouquetins qui paissent tranquillement. Nous traversons un bosquet de sapins. Puis un lacet nous fait entrer en bordure du bois de l’Auédan, vers 1500 m.

La cabane de Saunères

La cabane de Saunères

A la sortie, la brume est devenue épaisse et nous ne distinguons plus rien de ce qui nous entoure. Nous comptons nos pas en parcourant les deux longs lacets qui nous séparent de la cabane de Saunères (1660 m) que nous atteignons vers 20 heures.
Nous avons passé 5 heures sur le sentier. Le dénivelé uniquement positif pour cette journée est de 1010 mètres.

La cabane offre un bon abri. Elle est propre, équipée d’un vaste bas-flanc. Mais il n’y a pas d’eau, sauf « à 8 minutes vers l’est » selon le topo. Nous avions prévu de bivouaquer, mais la fraîcheur -guère plus de 6°C- nous fait préférer la cabane !

Vers 22 heures, nous sortons et sommes surpris : il n’y a plus du tout de brume. On admire les sommets du cirque de la Maladeta. C’est magique… et merveilleux. Rien que voir ceci, ça valait la peine de monter.

A la cabane de Saunères, à 22 heures.

A la cabane de Saunères, à 22 heures.

Au même moment, le soleil se couche

Au même moment, le soleil se couche

Deux minutes plus tard

Deux minutes plus tard

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Etape 31 – 14 juin 2012 : De la cabane de Saunères à Fos

Petit-déjeuner dans la cabane de Saunères.

Petit-déjeuner dans la cabane de Saunères.

La nuit dans la cabane a été reposante.

Ce matin, c’est certain, nous avons changé de mode de vie ! Nous reprenons les habitudes des matins sur le GR : pliage des duvets, petit-déjeuner, réfection des sacs. Un dernier coup d’oeil pour vérifier que nous n’avons rien oublié, que la veste est bien dans le sac ainsi que les papiers, que la poubelle est bien sur l’un de nos sacs…  et on repart.

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Au matin, le cirque de la Maladeta vu de la cabane de Saunères. En bas : Luchon.

Au matin, le cirque de la Maladeta vu de la cabane de Saunères. En bas : Luchon.

Sans trop faire attention, nous prenons la piste au nord au lieu de prendre le sentier Nord-Est qui nous aurait permis de garder un oeil sur le cirque de la Maladeta. Cette piste bien marquée monte en écharpe autour du Serrat de Crespès. Au col de Peyrehitte (1947 m), on aperçoit les cabanes de berger en contrebas. Des travaux sont en cours pour installer une pompe qui relèvera l’eau de l’abreuvoir auprès duquel nous allons passer, afin d’alimenter la cabane du berger. En 4×4, de Luchon, les ouvriers mettent une heure pour venir au travail.  Un trajet aussi long que dans une grande ville…

Tranchée pour l'adduction d'eau

Tranchée pour l’adduction d’eau

Col de Peyrehitte

Col de Peyrehitte

Après le col de Peyrehitte, l'abreuvoir

Après le col de Peyrehitte, l’abreuvoir

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Le col des Taons de Bacanère

Le col des Taons de Bacanère

En montant vers le col des Taons de Bacanères, le sentier de l'abreuvoir au col de Peyrehitte et la vue sur le cirque de la Maladeta

En montant vers le col des Taons de Bacanères, le sentier de l’abreuvoir au col de Peyrehitte et la vue sur le cirque de la Maladeta

A l’abreuvoir (1960 m), prendre bien à droite, au Nord-Est, un sentier bien pentu qui démarre au-dessus, puis qui s’adoucit avant d’atteindre le col des Taons de Bacanères (1976 m). Curieux vestiges d’une construction à côté d’un laquet. Le soleil brille, le vent garde la fraîcheur. Nous décidons d’une pause thé pour prendre le temps de goûter le plaisir d’être en montagne.

A la borne 399

A la borne 399…

La borne-frontière 398

La borne-frontière 398

Et on continue. Le sentier grimpe à gauche jusqu’à la borne 398, continue un peu, puis  redescend pour remonter lentement. Au pic de Bacanère, on fait une pause pour contempler une dernière fois la cirque la Maladeta. Avec un randonneur qui nous rattrape, nous repérons les sommets qui s’offrent à nos yeux.

La mare au creux du vallon. A gauche, la frontière.

La mare au creux du vallon. A gauche, la frontière.

Plus loin, nous croisons des chevaux qui n’ont pas l’air d’aimer le voisinage des hommes. Dédaigneux, ils restent sur le sentier le temps que nous les contournions, puis dévalent vers une mare au creux du vallon.
Devant nous, l’endroit est fréquenté. Un randonneur monte vers le Pic de Burat. Un autre se dirige vers la droite du col. Nous avons un moment d’inquiétude, devrons-nous monter ? Nous situons mal le col d’Esclot-d’Aou. Un coup d’oeil sur la carte nous permet de comprendre que nous arrivons à la crête des Cigalères qui n’est pas très longue.

La crête des Cigalères.

La crête des Cigalères.

Subitement, sur notre droite, nous trouvons un sentier qui plonge sur le versant est du col d’Esclot-d’Aou (2093 m). Il n’y a pas de marques. Moment de doute. Marie-Noëlle, certaine de la route, se lance et trouve la marque du GR à une bonne trentaine de mètres en-dessous du col.

Un peu plus bas, nous croisons un randonneur tchèque qui marche vers Hendaye. Nous arrivons à discuter un peu.

Sous le col, vers l'étang de Saint-Béat

Sous le col, vers l’étang de Saint-Béat

Il marche de 8 à 10 heures par jour, dort dans les cabanes ou à la belle étoile et, tous les 4-5 jours, dans un camping pour se doucher. Son rythme : « marcher, manger, dormir, marcher, manger… » C’est beau d’être jeune et résistant !

Le descente vers les cabanes des Courraus est évidente. Le paysage à changé. La végétation est plus abondante, mais le cirque est en plein soleil et il fait chaud.

Les cabanes de Courraus

Les cabanes de Courraus

On passe sous l’étang qu’on ne verra pas, puis on saute un ruisseau. La déclivité est plutôt forte. Après un court passage dans du rocher, nous arrivons en vue des cabanes des Courraus (1586 m). Un groupe pique-nique devant l’une d’elles. Nous nous installons auprès de l’autre, dans un tout petit peu d’ombre, sur des touffes de thym pour casser la croûte.

La cabane d'Artigue

La cabane d’Artigue

La descente vers la cabane d'Artigue

La descente vers la cabane d’Artigue

La descente continue. On entre dans un bois et on passe devant la petite cabane de l’Artigue. C’est une cabane appartenant à l’ONF qui est fermée.  Nous continuons sur un joli sentier en sous-bois, avec toujours des sections fortement pentues. Nous marchons tranquillement, en trouvant tout de même que le chemin est plus long que nous ne pensions. Mais comme le sentier est évident, nous n’essayons plus de savoir où nous sommes. Nous devrions…

Un conseil...

Un conseil…

Au bord de la piste, nous remarquons une pancarte signalant une « descente conseillée vers Fos ». Pourquoi pas !

Après une brève descente, nous traversons un ruisseau. Attentifs à ne pas prendre un bain de pieds, nous ne voyons pas une pancarte indiquant la direction de Fos. Le sentier ne correspond pas du tout à ce qu’indique le topo. Persuadés de nous être trompés, on fait un aller-retour, on remarque alors cette fichue pancarte qui est placée au bord du ruisseau. Encore trois-quarts d’heure de perdus…

A ne pas manquer pour descendre vers Fos

A ne pas manquer pour descendre vers Fos

Enfin une "vraie" marque...

Enfin une « vraie » marque…

Le chemin est encombré, mal tracé, très peu marqué en jaune . On s’élève de près de 80 mètres avant de trouver, au bord du bois, une pancarte signalant le début du « Chemin de ronde » qui descend vers Fos dans une vaste hêtraie d’âge moyen. Les lacets sont nombreux inégaux, parfois peu visibles à cause des feuilles mortes.  C’est une descente que l’on trouve longue à cause de l’erreur lors de la traversée du dernier ruisseau. On grogne. On se demande pourquoi on s’est lancé sur le GR10….

Enfin, le canal de la centrale d'ArlosEnfin !

Enfin, le canal de la centrale d’Arlos !

Puis on retrouve enfin les marques du GR en bordure de la forêt (557 m).  Le chemin devient quasiment horizontal. Il reste encore une bonne demie-heure de marche avant d’en sortir et d’arriver au bord du canal. On peut alors gagner Fos sous la chaleur. Nous en avons plein les pattes !
Nous filons vers le camping  municipal qui est au bout du village, à proximité d’une ancienne voie ferrée. Marie-Noëlle reste monter la tente pendant que je retourne au centre de Fos (544 m), récupérer des vivres (30 €) au gîte  d’étape qui est à moitié fermé ce jour.

Nous avons passé un peu plus de 10 heures sur le sentier. Le dénivelé positif est de 500 mètres. Le dénivelé négatif est de 1500 mètres. L’altimètre indique un dénivelé cumulé de 2206 mètres.
Le camping (10,60 €) est un peu vieillot, mais calme. L’accueil est sympathique, les douches sont chaudes, les voisins, dans les caravanes, sont presqu’invisibles.

Repas moyen. Au gîte, j’ai pris un sachet de nouilles au beurre. Normalement, elles se cuisent quelques minutes au micro-ondes. Sur le gaz, on essaie de les cuire dans leur sachet au bain-marie, puis dans la popotte avec un peu d’eau, sans eau… c’est très mauvais, et en temps normal, ce serait même immangeable.

L’expérience de ce jour commence à nous faire douter du découpage de notre itinéraire. La longueur de l’étape nous impressionne. En outre, Marie-Noëlle a des ampoules aux pieds qui semblent dues à la mauvaise qualité du micropore (qui n’est pas du 3M !). Après le vol de sa pharmacie, tout n’a pas été remplacé à l’identique.

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Etape 32 – 15 juin 2012 : De Fos au refuge du lac d’Arraing

Après une nuit très calme, lever un peu avant 7 heures. Rangement des affaires, petit déjeuner à table et assis sur des bancs. Vers 8h20, on endosse nos sacs et nous partons par le bourg de Fos. Court arrêt au gîte d’étape pour régler une dette.

Le poste de douane vu de France

Le poste de douane vu de France

Sur la route vers Melles

Sur la route vers Melles

Nous prenons la direction de Melles par la N25. En passant le poste de douane, nous jetons un coup d’oeil au travers des vitres, tout est en place. Il ne faudrait pas longtemps pour le remettre en usage… Mais nous sommes en Europe, remettre la douane n’aurait aucun sens.

Puis on suit la direction indiquée par un panneau routier. Peu après, on emprunte une route forestière, puis un large sentier ombragé et humide qui nous conduit au petit village de Melles, installé à flanc de montagne. En y arrivant, on croise des agents municipaux qui entretiennent le route. L’un d’eux, Jean-Claude S. nous raconte son périple sur le GR10. Intéressant, mais on ne peut rester ! Le village est rapidement traversé.

Pour ceux qui distinguent mal le blanc et le rouge...

Pour ceux qui distinguent mal le blanc et le rouge…

Arrêt technique

Arrêt technique

Arrêt technique devant la mairie (banc et point d’eau). Juste après on emprunte la D44h, une longue route goudronnée qui mène au hameau du Labach-de-Melles (980 m)  qu’on atteint vers midi. Jolie route, certes, qui gagnerait à être parcourue à vélo, vélomoteur ou voiture. A pied, sous le soleil,nous l’avons trouvée  fortement ennuyeuse.  Les hameaux ne sont pas signalés, certains ne sont constitués que de deux ou trois maisons, si bien qu’on passe devant sans savoir. Il aurait fallu que l’on repère bien les premiers sur la carte pour se situer sur le sentier au fur et à mesure qu’on le parcourait.

Dans le bois de Maudan

Dans le bois de Maudan

La suite se fait en balcon, puis sous ombrage dans le val de Maudan. On passe le ruisseau de Séridède sans le repérer tant il est petit. Le sentier s’élève alors en forêt dans de très longs lacets à l’effet apaisant. On passe le ruisseau de la Goutte-de-Peyre-Nère. Le sentier devient plus rocailleux. La cascade d’Auède se passe au-dessus. Si on ne suit pas sur la carte, on peut ignorer qu’on la passe. Peu après, au début de la montée, on repère un tuyau d’acier qui dépasse d’une source. Point d’eau fraîche bienvenu !

Au sortir de la forêt, les Angles sont à droite

Au sortir de la forêt, les Angles sont à droite cachés par les sapins

Comme on a mal repéré les ruisseaux, on hésite à se situer. C’est à la sortie de la forêt de hêtres qu’on devient certain de notre position. On est à quelques minutes des lacets des Angles.
Il est 14h30. Arrêt casse-croûte à l’ombre et séchage de la tente au soleil.
Le sentier continue en pente douce jusqu’au premier lacet des Angles (qui est vers 1600 m). Le soleil brille, les lacets sont courts : tout va bien ! La montée est facile mais rapide vers le carrefour d’Uls (1820 m). « carrefour », le mot doit annoncer plusieurs routes ?

Nous comptions trouver une pancarte, ben non ! C’est le défaut de ce tronçon du GR, l’absence de pancartes donnant le nom du lieu. Mais nous sommes bien au carrefour d’Uls…

c'est bien Uls...

C’est bien Uls…

ULS, c'est marqué !

ULS, c’est marqué !

Au carrefour d’Uls, un coup d’oeil en arrière

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Le plateau d'Uls

Le plateau d’Uls

Le plateau d’Uls (1868 m) est un replat bienvenu après la montée des Angles. Il est cependant moins vaste que nous le pensions au vu de quelques photos qui donnaient une impression d’immensité. Un petit vent rafraîchit l’atmosphère. Le terrain est marécageux. Une ancienne mine de blende, un sulfure de zinc, colore le fond des ruisseaux d’un rouge orangé. Les bords sont garnis de bruyère. Il y a des rhododendrons et de la verdure. L’eau est transparente. C’est agréable à regarder. Être cependant attentifs à ne pas mettre les pieds dans la boue ! A certains endroits, des passerelles en bois bien utiles ont été posées.

La cabane d'Uls

La cabane d’Uls

Sur la droite, la cabane d’Uls. Je lui pousse une visite. Elle est ouverte, ainsi que l’abri en tôle sur le côté. Il y a neuf couchages sur des lits superposés et de quoi s’asseoir, mais c’est moins propre qu’à Saunères… Je remplis ma gourde au point d’eau, derrière la cabane. C’est un endroit sympa pour bivouaquer.
On monte un « léger escarpement » selon le topo-guide. Pas moins d’une soixantaine de mètres, tout de même. Le chemin est bien signalé par des piquets.

En arrivant au pacages d'Uls, coup d'oeil en arrière.

En arrivant au pacages d’Uls, coup d’oeil en arrière.

Les pacages d'Uls. Les mines de blende sont à droite.

Les pacages d’Uls. Les mines de blende sont à droite.

On débouche sur les pacages d’Uls. Le sentier est d’abord horizontal, avec deux longues passerelles. Il serpente dans la prairie. A droite, au fond du plateau, on aperçoit une cabane près des anciennes mines de blende dont on voit les déchets.

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On aperçoit le Pas du Bouc

Un peu après le Pas du Bouc

Les pacages d'Uls en montant au Pas du Bouc.

Les pacages d’Uls en montant au Pas du Bouc.

Puis le sentier remonte pour atteindre le pas de Bouc. Comme souvent lorsqu’on approche d’un col, on se dit qu’il est après ce dernier ressaut qui découvre un autre bout de sentier et un autre ressaut… On traverse deux courts névés avant d’arriver au col du Pas de Bouc (2170 m). Un  vent bien violent nous surprend. Nous ne nous arrêtons pas…

le névé cache l'Etang-d'Araing.

le névé cache l’Etang-d’Araing.

Difficile de se tromper...

Difficile de se tromper…

Le sentier continue à l’horizontale. Attention à ne pas glisser, car la prairie en-dessous est en forte pente. En 15-20 minutes, nous arrivons au col d’Auéran (2176 m). Devant nous un superbe névé qui cache l’Etang-d’Araing.

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.Le col d’Auéran délimite les départements de la Haute-Garonne et de l’Ariège.

L'Etang-d'Araing

L’Etang-d’Araing

On continue en prenant franchement sur la gauche,  un sentier qui monte légèrement, puis descend en dominant le refuge et l’étang d’Araing. Superbe point de vue, mais attention où l’on met les pieds ! Le chemin est caillouteux et sinueux.  On arrive au refuge un peu avant 18h30. Il y a un peu de monde. Mais vite, avant toute autre chose, une boisson fraîche…

Nous bivouaquons à une vingtaine de mètres du refuge, sur un des rares endroits plats.

En descendant vers le refuge d'Araing.

En descendant vers le refuge d’Araing.

L’herbe est drue, ce qui donne un peu de moelleux au couchage. Le très sympathique gardien du refuge nous annonce du vent de sud pour le milieu de la nuit, nous n’aurons que quelques bourrasques.
Au refuge, nous sommes à table avec un groupe d’espagnols qui discutent avec passion, un randonneur qui lit « Les concepts fondamentaux de la métaphysique » (550 pages), un habitué du lieu,  pompier volontaire, qui se réfugie ici pour échapper à une remise de médailles le lendemain, deux pêcheurs. C’est la diversité humaine de la montagne…
Ce jour, nous avons passé 10 heures sur le chemin. Le dénivelé positif est de 1632 mètres. Le dénivelé négatif de 226 mètres. L’altimètre indique 2188 m de dénivelés cumulés. Mis à part la longueur, cette étape ne présente pas de difficultés particulières. On peut bivouaquer dans plusieurs endroits et il y a suffisamment de points d’eau bien situés le long du trajet.
Pour les boissons à l’arrivée au refuge, les deux repas du soir, les deux pique-niques du lendemain, nous déboursons 57 €.

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Etape 33 – 16 juin 2012 : Du refuge de l’Etang-d’Araing à Eylie-d’en-Haut

L'Etang-d'Araing

L’Etang-d’Araing

Nuit correcte à côté du refuge. Les quelques bourrasques de vent ne nous ont pas gêné. On se réveille à 6h30. Séance de pansements préventifs. Rangement des affaires. Petit-déjeuner à table, devant le refuge, en contemplant le lac et la montagne, pendant que le refuge se réveille. En attendant de prendre notre pique-nique du midi et de payer notre dû, nous écoutons le responsable du refuge conseiller des routes. Pas de doute, c’est un vrai montagnard ! Puis on démonte la tente qui est quasiment sèche (en général, cette tente condense beaucoup sous le double toit).

Le barrage de l'étang d'Araing

Le barrage de l’étang d’Araing

En quittant le refuge d'Araing

En quittant le refuge d’Araing

Nous quittons ce refuge vers 8h20. Nous descendons vers le barrage en admirant une derrière fois le pic de Crabère et le cirque qui entoure l’étang. La reprise du GR se fait par devant et en contrebas du barrage, ce qui nous permet d’admirer la belle maçonnerie en pierres. On commence donc par descendre avant de monter, les départs sont souvent un peu surprenants !

Au col de la Serre-d'Araing. A l'arrière, le Mail de Luzes

Au col de la Serre-d’Araing. A l’arrière, le Mail de Luzes

La montée vers la Serre d’Araing est évidente. Le sentier est clairement tracé et marqué. Parfois, le sentier est creusé par les pluies. Nul besoin de garder un oeil sur la ligne électrique comme le conseille le topo-guide. En une heure et quelques minutes, nous sommes au col de la Serre d’Araing (2221 m). On prend un bout de sentier sur la droite et on monte pendant quelques minutes avant d’entamer sur la gauche la descente vers Eylie-d’en-Haut.

Le sentier descend d’abord dans la prairie. On reste toujours proche de la ligne électrique. Puis il se rapproche de la falaise. Il passe près du petit barrage de Chichoué, aujourd’hui asséché. Puis on passe devant deux bornes (nous n’avons pas vu la  troisième) et une stèle de pierre blanche dédiées à la mémoire d’électriciens foudroyés à cet endroit lorsque la mine était en service.

des bâtiments au bas de la mine

des bâtiments au bas de la mine

Une galerie de la mine de Bentaillou

Une galerie de la mine de Bentaillou

Peu après, on découvre la mine abandonnée de Bentaillou (1870 m). Cette mine a été ouverte en 1853 pour l’extraction de blende et de galène. On obtient du zinc à partir de la blende et du plomb et de l’argent à partir de la galène. Le minerai était descendu par des câbles au Bocard d’Eylie pour y être lavé. Au début du 20e siècle, 400 mineurs travaillaient dans les mines de la vallée du Biros, dans des conditions pénibles et périlleuses, soumis au froid. Après des hauts et des bas, la mine de Bentaillou ferme définitivement en 1955. Les galeries ont été toutes explorées et cartographiées avant d’être obturées.
Sur l’avant du bâtiment, à l’arrivée des lacets de la route, il y a un point d’eau. Dans les alentours des bâtiments, on pourrait bivouaquer si les troupeaux de moutons ne nous avaient précédés…

Le GR reprend à l’arrière de ce bâtiment, vers le col de Catauère (1706 m). C’est un large sentier horizontal. qui a été creusé à flanc de montagne pour la mine. Sous le soleil, il fait bien chaud… On passe devant deux galeries fermées par des portes métalliques.

Le large sentier qui mène au Col de Catauère.

Le large sentier qui mène au Col de Catauère.

Le sentier qui mène au col de Catauère.

Au fond, vue sur le site de la mine du Bentaillou.

Au Bentaillou

Au Bentaillou

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100 mètres de dénivellé.

100 mètres de dénivellé.

Attention à ne pas manquer le sentier qui prend à droite, de façon peu visible, deux cents bons mètres après la deuxième galerie, bien avant la conduite d’eau.  On descend alors dans des prairies d’altitude par des lacets bien tranquilles, bien qu’ils soient à flanc d’une forte pente.
On passe une zone rocheuse où l’on perd 100 mètres en quelques lacets et une dizaine de minutes. Le sentier n’est pas des plus faciles. On préfère ne pas avoir à l’emprunter par temps de pluie ou de brouillard bien dense !

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Juste au-dessus de Rouge.

Juste au-dessus de Rouge.

La descente vers la station de Rouge (1550 m) se fait au milieu de prairies. Sur la gauche, on voit bien la conduite forcée. A Rouge, le minerai provenant de la mine descendait vers le Bocard d’Eylie par un deuxième câble. Certains bâtiments en ruine sont encore encombrés de matériel à l’abandon.
On s’arrête à l’ombre d’un arbre, un peu à l’écart du sentier, juste après la station, pour casser la croûte.

Nous continuons dans les lacets d’un chemin pentu. L’altitude diminue rapidement. La forêt de hêtres est bienvenue, car elle nous offre de l’ombre. Le sentier sollicite toujours l’attention : cailloux, ruisseaux, passages glissants…

A l'entrée du village d'Eylie-d'en-Haut, erreur impossible...

A l’entrée du village d’Eylie-d’en-Haut, erreur impossible…

Au débouché du sentier, au bord du ruisseau, le gîte d’étape est à droite, à 20 mètres, à l’entrée du village d’Eylie-d’en-Haut (990 m). Il est 15 heures.

Nous avons passé 6 heures 40 sur le GR. Le dénivelé positif est de 271 mètres. Le dénivelé négatif est de 1231 mètres.

Nous manquons de vivres et les pieds de Marie-Noëlle sont en mauvais état. Claude, le gérant du gîte nous met en relation avec un taxi qui nous emmène jusque Sentein (pour 35 €) où nous trouvons une épicerie pour compléter ce qui nous manque en alimentation (essentiellement des vivres de course : fruits frais et séchés, cacahuètes…). Mais nous sommes samedi, la pharmacie est fermée depuis midi. On se contentera  du sparadrap et des compresses trouvées à l’épicerie…  (total des courses : 30 €). En cours de route, nous glanons des informations sur la vie présente et passée de la vallée, sur la présence des ours qui ne sont pas bien vus des bergers, ce qu’on peut comprendre…

Retour à Eylie. Nous reprenons nos sacs et nous mettons à la recherche d’un endroit pour bivouaquer. Nous pensions trouver quelque chose entre l’usine désaffectée du Bocard et la rivière du Lez, mais il n’y a que des parkings et des endroits pas très sympathiques. Nous revenons sur nos pas et installons notre tente juste avant le pont. Il fait encore chaud ce qui rend possible une rapide toilette dans le torrent. Puis nous retournons à Eylie, prendre le repas dans la maison que Nelly et Claude ont aménagée et rénovée avec beaucoup de goût. D’ailleurs, le repas est aussi préparé avec goût (sublime purée aux vraies pommes de terre !). Nous aurons aussi un bon pique-nique pour le lendemain (le tout pour 40 €)
Comme c’est la soirée des gîtes d’étape, nous avons le privilège de voir un film sur la mine de Bulard.  Claude a publié un livre de photos relatant l’histoire de cette mine « tueuse d’hommes » qu’il ne faut pas hésiter à se faire expédier.  Soirée agréable, bien sûr, et très intéressante. Nous n’imaginions pas le passé minier de cette vallée du Biros.

Coordonnées du gîte d’Eylie-d’en-Haut sur leur site Internet.

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Etape 34 – 17 juin 2012 : De Eylie-d’en-Haut à Bonac

Petit-déjeuner à Eylie.

Petit-déjeuner à Eylie.

Réveil dans une brume épaisse et fortement humide. Déjà, pour le petit-déjeuner, on s’équipe « humide « : veste imperméable, guêtres, bonnet…

Départ vers 8h15.  On traverse la passerelle sur la rivière du Lez (960 m) et on tourne à droite sur une piste, puis à gauche pour entamer une montée en lacets dans des herbes bien mouillées.  Le sentier est évident, les marques suffisantes. Mais qu’est-ce qu’on trempe les chaussures ! C’est le sentier qu’empruntaient les mineurs se rendant à la mine de Bulard. Normalement, en contrebas, nous devrions voir le Bocard d’Eylie, mais il y a trop de brume. Nous ne le voyons que par instants.

Une source au milieu du sentier

Une source au milieu du sentier

Barrière après les lacets

Barrière après les lacets

Nous passons une barrière et entrons dans un espace plus dégagé couvert de rhodos et d’herbes. Au bout d’une petite heure, un bruit attire notre attention. Il y a une source cachée sous une pierre portant le marque rouge et blanc du GR au milieu du sentier.
Nous entrons dans le bois de Laspe peuplé de jeunes hêtres.

Enfin, le soleil chasse la brume.

Enfin, le soleil chasse la brume.

Le brouillard semble se lever. Parfois nous apercevons une ferme et des prairies en dessous. A la sortie du bois, nous ramassons nos vestes pour profiter du soleil qui se montre encore timidement. La brume monte et descend, dévoilant le paysage pour de courts moments. Dans ce genre d’instants, nous craignons toujours que cela ne dure pas…
Nous continuons un peu dans les rhododendrons avant de faire une pause à l’abri de berger en dessous du col de l’Arech (1660 m). Il fait beau et chaud. Une randonneuse qui était la veille au gîte d’Eylie nous rejoint. Nous causons un instant avant qu’elle continue vers le col d’Arech. C’est la seule personne que nous verrons ce jour. Le GR10 est décidément peu fréquenté en juin…

Nous allons prendre une variante. Plutôt que poursuivre vers le col de l’Arech, nous empruntons le GR10E qui passe par Bonac. Il chemine à l’horizontale au milieu des rhododendrons. On passe le ruisseau du Mont Ner (1180 m), au-dessus d’un pylône du câble du téléphérique de l’ancienne mine de Bulard. Une source coule au pied d’un hêtre, à laquelle nous remplissons une gourde. Nous négligeons la chaussette qui traîne… La traversée du bois est horizontale, mais longue (en Ariège, c’est souvent long !)

Passerelle au-dessus d'un passage boueux

Passerelle au-dessus d’un passage boueux

La cabane au Col des Cassaings

La cabane au Col des Cassaings

Peu après la sortie du bois, on trouve le col des Cassaings (1497 m) et la cabane. une clôture électrique l’encercle. Le GR continue à gauche par un sentier taillé dans le roche, puis dans une prairie et des fougères. Quelques passages sont boueux. Au-dessus de l’un d’eux, on trouve une passerelle

Bonac vu d'en haut

Bonac vu d’en haut

On traverse une zone brûlée lors d’un écobuage à l’automne 2012. Les rhododendrons sont morts. Rien n’a encore repoussé. On nous dira même qu’à cette altitude, il n’est pas certain que la prairie repousse et gagne sur les fougères et les noisetiers, et que la pente pourrait être trop forte pour les animaux. En tous cas, le sentier est très étroit, il ne faudrait pas faire un faux pas.
La traversée de la Combe d’Andraud, sous les hêtres, est aisée, évidemment longue… A un moment, le sentier oblique vers la droite. on gravit une petite pente, on passe sous un abri ruiné, on traverse une zone de fougères. On entre alors dans une hêtraie que l’on descend par de confortables lacets, puis par des pentes plus fortes, vers la rivière du Lez et Bonac. Dans la forêt, l’épaisseur des feuilles mortes peut atteindre 40 cm. Se méfier tout de même de cailloux glissants cachés sous une petite épaisseur de feuilles.
Il est 18 heures quand nous débouchons du bois.

Bonac n’a pas de camping, il faut le savoir, mais une zone bien aménagée pour les camping-cars. Même fourbus, nous hésitons à bivouaquer et, dans un ultime effort (!)   poursuivons jusqu’au bourg, quelques centaines de mètres plus loin. A ce moment de la journée, nous nous refusons à imaginer que ce village qui a aménagé un terrain pour les campings-car n’a pas aussi un terrain pour les randonneurs.  Au Relais montagnard, nous apprenons que non, il n’y a pas de camping à Bonac. Mais l’aubergiste est aussi le régisseur de ce terrain. Il nous autorise à y bivouaquer. Les banquettes d’herbe sont confortables. Nous nous installons sur une de celles qui ont une table avec des bancs. Il y a un point d’eau proche. On est à proximité de la rivière, au calme. Le soleil brille. Il y a un arbre pour l’ombre. Mais comme les pieds souffrent, tout serait bien si l’étape avait été moins longue (elle fait environ 8 kilomètres, mais notre erreur nous en a fait faire 2 ou 3 de plus).

Nous avons passé 9 heures 30 sur le sentier. Le dénivelé positif est de 700 mètres. Le dénivelé négatif est de 985 mètres.

Nous retournons au Relais montagnard qui offre la possibilité de prendre une douche. A 19 heures nous sommes attablés sous la terrasse.  Le carillon sonne longuement au clocher de l’église qui se trouve sur la place. Nous dînons tout en essayant de deviner les résultats des législatives, car sur le GR, nous ne sommes pas hors du monde… L’aubergiste nous apporte des résultats avant le dessert. Une discussion (politique) s’engage entre l’aubergiste et une habitante qui passe devant la terrasse. Nous partons avec le pique-nique du lendemain : un riz à la cantonaise surmonté de thon mayonnaise qui se révélera excellent. Tout ça (bières, douche, repas, pique-nique, bivouac) pour 55 euros pour nous deux.

De retour à la tente, nous révisons le topo-guide et nos prévisions de trajet. Nous décidons de raccourcir nos étapes. Demain, nous n’irons pas jusqu’à Esbints comme prévu, mais seulement jusque l’étang de Bethmale, nos réserves alimentaires nous permettant de marcher deux journées en autonomie.

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