Etape 42 – 24 juin 2014 : D’Aulus-Les-Bains au refuge de Bassiès

Nous reprenons le GR10 à Aulus. Cette année, il n’y a pas de neige au port de Saleix, nous pourrons donc passer. Mais hier soir, il a plu, le temps était orageux et il pourrait encore pleuvoir ce jour.

Ce matin, un autre randonneur s’est levé avant nous. Il fait le GR10 mais avec des variantes selon la météo, l’heure, ses envies de voir tel ou tel paysage. Parmi ce qui nous impressionne, il y a son gros sac et, surtout, deux grosses boîtes de lait pour bébé qu’il porte sur le côté de son sac. Il nous explique qu’il a testé tous les autres laits en poudre du commerce et que c’est ce lait qui est le meilleur en goût et le plus nourrissant. Je ne devrais pas trouver cela exotique, car cette année, nous faisons de la semoule au lait chaque matin et chaque matin, mon estomac ne sera pas dans sa meilleure forme. Faudra que je teste sa recette une fois à la maison…

Dans les petites rrues d'Aulus

Dans les petites rrues d’Aulus

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Nous quittons le refuge du Presbytère à 7h00. Aulus est très calme. Pas même un chat. La partie haute du village est plus modeste que la partie basse qui affiche fièrement son passé de ville d’eau. Il a plu cette nuit et le temps est grisâtre, mais on espère le soleil. ……………….

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Un balisage patriotique

Un balisage patriotique

Donc, nous quittons Aulus-les Bains (750 m) par la D8 que l’on rejoint à la sortie du village, ce qui évite de tremper les chaussures dès le début de la matinée. Une petite quinzaine de minutes plus tard, le GR coupe la D8. Nous abordons une montée « sérieuse » dans un chemin creux. Jusqu’au plateau, le sentier est évident et -aussi !- bien balisé. Il est très agréable, en sous-bois et alterne des pentes douces et des pentes plus raides. Ce n’est pas monotone du tout.

Au début de la montée vers le port de Saleix

Au début de la montée vers le port de Saleix

Au bas du plateau de Coumebière

Au bas du plateau de Coumebière

A l’entrée du plateau de Coumebière (1400 m), le sentier coupe à nouveau la D8. L’aménagement laisse penser que de randonnées démarrent ici : panneaux d’information, table de pique-nique. Il y aurait une cabane sur le droite permettant de s’abriter de la pluie.
Quand nous arrivons, toute une équipe est en train de débarquer du matériel pour le tournage d’une séquence de film.

Le plateau de Coumebière vu des premiers lacets avant le Port de Saleix

Le plateau de Coumebière vu des premiers lacets avant le Port de Saleix

Source sur le plateau de Coumebière

Source sur le plateau de Coumebière

Sur le vaste plateau, le sentier devient chemin au milieu de plusieurs trous d’exploitation minière. On passe une source qui nous fait regretter d’avoir rempli nos gourdes en quittant Aulas. Le sentier monte doucement vers l’est, puis sur le flanc gauche, on monte sans cesse par de longs lacets jusqu’au port de Saleix (1794 m). C’est une montée facile, même pour une première journée, que l’on fait dans le calme, sous un ciel dont nous estimons qu’il se dégage de plus en plus. Nous profitons du soleil.

Aulus-les-Bains vu du port de Saleix

Aulus-les-Bains vu du port de Saleix

Casse-croûte en vue...

Casse-croûte en vue…

Dès la fonte du névé, les edelweiss fleurissentn

Dès la fonte du névé, les edelweiss fleurissentn

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Au port de Saleix (1794 m), on s’arrête pour manger, en se mettant à l’abri du vent. Nous découvrons la vallée de Saleix à nos pieds et le névé qui interdit encore l’accès normal au sentier du tour des Trois Seigneurs.  La vue sur la vaste vallée est splendide. Deux randonneurs arrivent du port de Lers et nous stressent un peu en disant qu’avec ce vent, il ne faut pas traîner. Ce qui m’inquiète, ce n’est pas le vent, mais les nuages. Nous mangeons donc au plus vite pour attaquer la montée qui va nous permettre de basculer vers l’étang d’Alate.

A l'arrière et à droite, le port de Saleix

A l’arrière et à droite, le port de Saleix

Vers l'étang d'Alate

Vers l’étang d’Alate

Sous le mont Garias, sentier avec un câble

Sous le mont Garias, sentier avec un câble

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La montée sous le mont Garias (2006 m) est une montée bien raide en crête, par de courts lacets. Je ne sais pas à quelle altitude on bascule, mais nous avons trouvé que nous nous élevions rapidement. Dommage que des nuages qui s’amoncellent gâchent le plaisir de la vue sur la vallée. Puis le sentier passe vers l’est et l’on découvre le petit étang d’Alate. Le début de la descente se fait dans du rocher effrité. Un câble a été posé pour la sécuriser sur quelques mètres. Après, le sentier redevient tranquille, parsemé de cailloux. On passe un premier névé.

L'étang d'Alate

L’étang d’Alate

Donc, nous descendons vers l’étang d’Alate, une petite centaine de mètres en-dessous du début de la descente. Il présente un aspect étrange dû aux risées de vent. Le ciel est de moins en moins estival. Nous continuons notre progression en remontant vers le col de Bassiès (1933 m) que nous atteignons en à peine une heure.

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L'étang Majeur de Bassiès

L’étang Majeur de Bassiès

Le fond de la vallée de Bassiès

Le fond de la vallée de Bassiès

La vue au col, que ce soit à gauche du côté des lacs ou à droite vers le fond de la vallée, est magnifique et impressionnante. Ce jour, on ne verra pas les sommets… Et au col, on ne voit pas encore le refuge, il faut descendre un peu.

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Les étangs et le refuge de Bassiès

Les étangs et le refuge de Bassiès

Au début, la descente est plutôt raide. Elle nous fait découvrir peu à peu les étangs, puis le refuge qui semble sous nos pieds. Il est pourtant à près de 250 mètres en-dessous. La neige est encore bien présente sur les hauteurs et sur les flancs de la montagne. Le sentier est parfois boueux, voire envahi par l’eau. Un moment, quelques gouttes de pluie nous font craindre le pire. Le temps de couvrir les sacs et de passer la veste de montagne, c’est fini.

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Arrivée au efuge de bassiès sous un ciel couvert.

Arrivée au refuge de Bassiès sous un ciel couvert.

En moins d’une heure nous arrivons au refuge. Juste à temps pour voir la pluie commencer à tomber avant même que nous n’ayons posé nos sacs…
Le refuge n’est ps des plus esthétiques, mais l’intérieur est en excellent état, comme si les petits dortoirs (4 places)  avaient été refaits l’année précédente. La douche n’est pas facile à manipuler, mais l’eau est bien chaude. L’accueil est sympathique. Il y a une prise de courant dans le dortoir pour recharger le portable et si on a été imprévoyant, on peut se fournir en bouteilles de gaz à collerette, en lyophilisés, couvre-sacs…
Le soir, un repas de refuge classique et nourissant : soupe à l’oignon, confit de canard et riz au curry avec des tomates, fruits frais.

Ce jour, nous avons passé 7 heures sur le GR. Le dénivelé positif a été de 1183 mètres. Le dénivelé négatif a été de 278 mètres.

 

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Etape 43 – 25 juin 2014 : Du refuge de Bassiès à la cabane de Prunadière

Au départ du refuge de Bassiès

Au départ du refuge de Bassiès

Il a plu toute la nuit ou, au moins, à chaque fois que nous avons émergé de notre sommeil, la pluie crépitait sur le toit de tôle du refuge de Bassiès. Quand on se lève, on a le fol espoir qu’il ne pleuve pas quand nous partirons. Le ciel n’est pas engageant, mais « ça pourrait se lever »… Quand on part, à 7h45, on a cependant un léger doute ! Comme on peut le voir sur la photo, le ciel est bien bas, mais il ne pleut pas, ou du moins pas encore.

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il pleut sur le premier l'étang

il pleut sur le premier l’étang

Après avoir pris les pique-niques, nous partons donc sud-est en passant un petit pont pour quitter le domaine du refuge. Nous longeons les étangs par un sentier dont nous n’avons pas retenu les détails. car il s’est mis à pleuvoir et à venter et notre préoccupation a été de se faire mouiller le moins possible. ce qui veut dire éviter de submerger nos chaussures dans une flaque d’eau trop profonde, chercher ce qui nous met un instant à l’abri du vent. Essayer d’avancer au plus vite en espérant trouver une zone un peu plus abritée où la pluie serait moins cinglante.
On dépasse le barrage de l’étang Majeur. Je suppose que le bâtiment en pierres que l’on voit au-dessus du sentier appartient à l’EDF. On s’y s’abriterait bien, mais il est fermé (on ne va pas vérifier).

Un instant à l'abri deux pierres

Un instant à l’abri deux pierres

Orry de berger

Orry de berger

Un peu après, on s’abrite quelques minutes dans un abri très sommaire formé par deux grosses pierres. Puis, encore, on s’introduit dans un vaste orry, un abri long de 3-4 mètres, recouvert de vastes pierres. Il n’est pas étanche, mais nous sommes à l’abri de la pluie et du vent le temps de consommer une barre de céréales.
On passe l’étang Long. A l’approche de l’étang d’Escalès, nous avons l’impression qu’il va déborder, des vagues s’élevant au-dessus de la berge.

Le pont de pierres

Le pont de pierres

Nous dépassons des empilements de pierres, le barrage (1594 m),  et enfin, nous empruntons le  pont de pierres qui nous permet de passer le ruisseau (1580 m). On s’éloigne rapidement du déversoir. Le vent se fait moins fort et la pluie est plus supportable. Commence alors une descente raide au bord de la barre rocheuse. Nous descendons prudemment, la pluie gênant notre progression. Les branches des arbustes nous arrosent copieusement.
La descente continue dans des pentes plus variées. On traverses des petits ruisseaux. A deux reprises, le sentier est détruit par l’eau et par des chutes d’arbustes. On passe en dessous-d’une conduite forcée. Quand la brume s’efface, la vue du ravin, sur la gauche, est plutôt belle.

Au bas de la descente, juste avant l'aqueduc

Au bas de la descente, juste avant l’aqueduc

L'ancien aqueduc

L’ancien aqueduc

On continue sur des replats granitiques avant de monter rapidement dans une hêtraie. Nous repérons une source qui coule d’un tuyau en PVC (environ à 1430 m). Enfin, on dévale un sentier bien raide au milieu de noisetiers, qui nous mène à l’ancien aqueduc qui va à Marc (1160 m).  La pluie à enfin cessé. Le chemin jusque Marc est une longue promenade à l’horizontale sous un ciel gris sombre.
On dépasse un bâtiment dont les ouvertures sont condamnées, qui ferait une excellente cabane… Vers le milieu du trajet, on se retrouve à flanc de falaise et on passe un ruisseau. L’aqueduc s’arrête brusquement, dans un virage à droite, sous des antennes ou des ralis téléphoniques. On emprunte une route goudronnée sur quelques dizaines de mètres, avant de s’enfoncer en sous-bois sur un sentier pavé, facilement glissant, qui devient raide quand on est à proximité du hameau de Marc.
Le sentier débouche à côté de l’ancienne école (1010 m) transformée en miellerie. Il n’y a personne, nous nous autorisons nous-mêmes à nous asseoir sous ce a été le préau de l’école. Nous vidons un petit verre d’eau de nos chaussures et, comme il est 13 heures, profitons de l’abri pour nous restaurer. Mais un homme arrive. Le propriétaire ? « S’il vous plaît, peut-on rester ici le temps de notre repas ?  »
« Oui, pas de problème, mais je n’habite pas ici ! ». En fait, c’est le voisin. L’école a été divisée en deux parties, la miellerie et un logement.
Nous attaquons donc la pique-nique copieux préparé au refuge de Bassiès : une solide salade composée avec oeufs, pommes de terres, tomate, poivrons, des tranches de pain, du saucisson, du fromage, une orange, des biscuits… Il y en a même de trop !

D'où nous venons...

sous la flèche, la fin de l’aqueduc

A 14 heures, nous repartons en passant devant l’église de Marc, puis devant la maison familiale. Nous parcourons quelques centaines de mètres de route départementale avant de la quitter pour prendre un ancien chemin qui longe la rivière de Mounicou. Sur la route, en nous retournant, nous voyons d’où nous venons.
Cet ancien chemin est en sous-bois. L’herbe a été fauchée. C’est agréable de ne plus marcher sous la pluie.

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Le hameau de Mounicou

Le hameau de Mounicou

A hauteur du hameau de Mounicou (1087 m), nous nous perdons un peu, ne repérant pas le marque du Gr sur un poteau, à cinquante mètres. A notre droite, un pont mène au hameau et au gîte. Un sillon d’écoulement est caché dans le virage, un peu plus haut, le GR monte à la gauche de ce sillon en béton. On monte face à la pente, c’est un vrai casse-pattes ! Mais bon, ça ne dure pas très longtemps. On le traverse et on continue en bordure du ravin pendant « deux courts lacets » précise le topo-guide. Pas si courts ! A un moment, les lacets ne sont plus fauchés. Il n’y a pas de balisage. Léger doute. Mais le soleil revient, notre moral, pourtant pas mauvais, prend un coup de vitamine.

Beau sentier !

Beau sentier !

La hameau de Marc et la fin de l'aqueduc

La hameau de Marc et la fin de l’aqueduc

Au bord du ravin, en face, on voit le hameau de Marc et, au-dessus, la fin de l’aqueduc. Au sud-ouest, on voit aussi la pyramide du Montcal et le massif d’Estats . Puis on quitte le bord du ravin pour gravir la pente en biais, dans un sous-bois. Puis on prend un dernier lacet assez long sous des sapins et on arrive en face de la cabane de Prunadière (1614 mètres). Il est à peine 17 heures.

La cabane de Prunadière

La cabane de Prunadière

La porte de la cabane de  Prunadière

A Prunadière

Selon notre topo-guide (édition 2013), la cabane est fermée. Ce n’est pas le cas cette année. La cabane est ouverte, propre et aménagée avec une table, cinq chaises en plastique rouge, un banc, un placard, un peu de bois, du journal pour sécher nos chaussures. A proximité, il y a une source et suffisamment de bois pour faire un bon feu.  A l’étage, le plancher est propre. Comme nous dormirons en haut, Marie Noëlle y passe tout de même un coup de balai.

La brume sur les pics du côté de Bassiès

La brume sur les pics du côté de Bassiès

 

La vie est belle...

La vie est belle…

En face, derrière le sapin, on contemple les pics du côté de Bassiès. Le soleil fait le généreux pendant une bonne heure, puis la brume s’installe.
Mais à l’intérieur de la cabane, la vie est belle… (désolé pour le flou de la photo). C’est même le luxe ! Nous sommes très heureux d’avoir trouvé cette cabane ouverte, d’autant plus heureux qu’après la matinée humide que nous avons connu, c’est l’assurance de passer la nuit au sec.
Précisons qu’il y a suffisamment de place pour bivouaquer juste devant la cabane.

Ce jour, nous avons parcouru 19,2 km et passé 9h15 sur le chemin. Le dénivelé positif a été de 604 mètres. Le dénivelé négatif a été de 545 mètres.

 

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Etape 44 – 25 juin 2014 : De la cabane de Prunadière à Goulier

La nuit a été pluvieuse. Le toit de  la cabane est en tôle ondulée et répercute bien le bruit de la pluie. Parfois, au bruit, elle semble abondante, ce qui n’est pas certain, sans doute nous laissons nous impressionner.
Le matin est comme les autres : rangement des affaires, petit déjeuner (à table puisque nous sommes dans une cabane), coup de balai avant le départ à 8h45.
Le sentier part au nord dans une forêt de sapins. Il est étroit et à flanc de pente. il est parfois un peu gras et glissant, ce qui vaut à l’un de nous une chute qui n’a été que stressante.

Aux environs du passage de Prunadière

Aux environs du passage de Prunadière

A 1600 mètres, on atteint le passage de Prunadière. C’est un virage à droite, peu marqué, qui nous fait changer de versant. On est maintenant au-dessus d’Artiès. Un moment d’inattention nous fait perdre le sentier pendant quelques dizaines de mètres, l’épaisseur des feuilles ayant gommé la trace du chemin. On revient sur nos pas jusqu’à retrouver le début des trois lacets qui nous font entrer dans le bois de Sabouillet, une superbe hêtraie. Les trois lacets nous apparaissant longs, nous discutons pour savoir si un lacet est une épingle ou seulement une portion droite de sentier. On compte et on vérifie in-situ qu’un lacet est bien une épingle… Des fois, le Gr provoque un dépaysement tel que les discussions ne sont pas des plus rationnelles.

Dans le bois de Sabouillet

Dans le bois de Sabouillet

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Pendant la descente, le temps toujours bouché semble s’améliorer. Tant qu’on est dans le bois, on ne peut pas savoir comment sont les nuages. Il faudra attendre d’être en bas du bois pour voir le soleil au-dessus du hameau d’Artiès (985 m).

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Juste au-dessus du hameau d'Artiès

Juste au-dessus du hameau d’Artiès

Pancarte

Pancarte

Au croisement avec le court sentier qui mène à Artiès, on remarquera que la signalétique est abondante…
Une barre de céréales et on repart dans une montée bien raide qui s’adoucit rapidement. C’est un sentier agréable, bien tracé et confortable, le plus souvent en sous-bois...

Cascade après Artiès

Cascade après Artiès

Au bout d’une demie-heure, nous trouvons de l’eau (il n’y en a pas entre la cabane de Prunadière et cette cascade). Nous passerons encore devant deux cascades. Nous continuons tranquillement, satisfaits d’avoir du soleil. Enfin, le sentier descend vers Pradières-d’en-Bas (117 m). Nous passons entre des maisons de bergers abandonnées ou fermées et arrivons au pont. Il est 11h30.

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Exceptionnel : un repas chaud le midi.

Exceptionnel : un repas chaud le midi.

Comme le pont n’est pas une route et que nous ne gênerons aucune voiture, nous nous y arrêtons pour manger. C’est exceptionnel de prendre le temps de faire chauffer de l’eau pour manger des pâtes bolognaises… Ce n’est pas tout à fait un luxe, car la montée que nous allons attaquer après ce repas n’est pas des plus faciles.

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Erreur impossible !

Erreur impossible !

Le raccourci débute au coin de cette maison

Le raccourci débute au coin de cette maison

Dès 13 heures, nous repartons par le raccourci qui grimpe aux Coumasses-Grandes. Nous nous avons décidé de ne pas faire la boucle par l’étang d’Izourt d’une part à cause de la longueur de l’étape, du fait qu’on va dans un fond de vallée, et d’autre part parce que la météo n’est pas des plus stables. Nous prenons donc ce raccourci, sans souci de nous tromper en nous engageant dans le jardin… Un peu plus de 450 mètres à grimper par une succession ininterrompue de lacets aussi raides les uns que les autres. Et bien sûr, au cinquième lacet : la pluie. Dans les derniers lacets, les herbes nous rajoutent une dose d’humidité et les noisettiers n’hésitent pas à nous arroser.

Vérification : c'est bien de la brume...

Vérification : c’est bien de la brume…

Dans l'abri, merveilleuse vue sur la brume

Dans l’abri, merveilleuse vue sur la brume

Mais bon, on finit par arriver aux Coumasses-Grandes (1580 m). Nous grimpons dans ce curieux abri et posons nos sacs pour nous faire chauffer un thé. Une ombre passe devant avec une veste verte qui nous rappelle quelqu’un. Nous la hélons, c’est un randonneur que nous avons croisé à Mérens-les-Vals. Il vient de Goulier et compte aller dormir à Mounicou où il a réservé, en passant par l’étang d’Izourt. Nous lui souhaitons beaucoup de courage…

Magnifique vue sur la vallée !!!

Magnifique vue sur la vallée !!!

Vers 15h20, nous repartons sur le sentier horizontal. Il ne pleut plus, chouette ! Mais il y a un peu de vent Au début, nous marchons sur des plaques rocheuses, sans rien voir du fond de la vallée (la brume, toujours). Puis, le sentier redevient « normal », c’est à dire un sentier tracé à flanc de montagne, dans la terre. Mais il y a aussi des passages dans des escarpements rocheux, des endroits un peu plus dégradés, bref, c’est varié.  Au bout d’une heure, le paysage argenté se déchire suffisamment pour qu’on puisse imaginer ce qu’il y a en-dessous. Nous progressons avec une extrême attention. Un faux-pas ou une glissade aurait des conséquences plus graves que ce matin. Puis, comme elle nous manquait, la pluie revient avant la partie boisée. Je m’aperçois alors que le couvre-sac de Marie-Noëlle s’est envolé, ou est resté accroché à un arbuste. Il y aura de quoi sécher ce soir ! Surtout que la pluie va forcir jusqu’à peu avant Goulier…

La stèle du GR10

La stèle du GR10

Vers la fontaine du Brosquet

Vers la fontaine du Brosquet

A plusieurs reprises, nous sortons du bois pour marcher sur une vire à flanc de rocher, un peu plus large. Au bout de deux heures, nous arrivons à un embranchement. A droite, le sentier part vers la source de Brosquet. Sur la gauche, à quelques mètres se trouve la stèle du GR10 (1410 m) qui commémore l’inauguration de la portion ariégeoise, la 10 octobre 1975. Nous continuons vers Goulier.
Nous continuons dans le bois jusqu’à déboucher sur une piste un peu avant la maison ONF de Bertasque (1320 m). On pourrait, si on avait soif, prendre de l’eau au robinet fixé sur le mur de la propriété, mais pas cette fois… Le GR continue sur la piste. On croit qu’elle va aller jusqu’au hameau, mais non ! Il y a une reprise du sentier sur la gauche, un sentier avec des hautes herbes… mouillées, comme il se doit. A 17 heures 30, nous entrons dans le bourg de Goulier (1110 m) et… la pluie s’arrête.
Ce n’est pas très bien indiqué, mais il faut traverser une moitié du bourg, prendre à droite et sortir sous un porche, s’offrir une nouvelle petite montée, qu’on trouve bien fatigante parce qu’on croyait avoir fini (c’est souvent le cas sur le GR !). On retrouve la route goudronnée au départ du sentier qui mène au col de Risoul. Sur la gauche se trouve le gîte Relais d’Endron installé dans un ancien collège.

Nous comptions bivouaquer au col de Risoul, ce sera pour la prochaine fois, peut-être. Sans regrets, nous faisons le tour des bâtiments, en trouvant personne. Comme nous n’avions pas réservé, petit moment d’inquiétude… jusqu’à ce que l’hôtesse se présente alors que nous nous demandions si nous n’allions pas dormir sous le hangar…  Elle nous accueille tranquillement, comme si nous étions attendus. Nous prenons la gestion libre qui se trouve, curieusement, à l’étage et dans une extrémité du bâtiment. Nous parlons un peu de notre journée et quand, elle apprend qu’il nous manque un couvre-sac, elle offre à Marie Noëlle deux grands sacs  poubelle pour mettre le contenu du sac à l’abri de l’eau. Ce système s’avérera utile et des plus efficaces…

De notre fenêtre, Goulier vers 21 heures.

De notre fenêtre, Goulier vers 21 heures.

Une fois à l’abri dans ce grand refuge où, une fois de plus, nous sommes seuls, tout en dégustant un couscous lyophilisé et une semoule au lait améliorée avec des raisins et du miel, nous trouvons que c’était une belle journée, quoiqu’un peu trop humide, même pour des bretons…

Ce jour, nous avons parcouru environ 17,5 kilomètres et avons passé 8 heures 30 sur le GR. Le dénivelé positif est de 595 mètres. Le dénivelé négatif est de 1110 mètres.

 

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Etape 45 – 27 juin 2014 : De Goulier à Siguer

 

Goulier, le matin à 7h30

Goulier, le matin à 7h30

Est-ce la pluie de la veille qui nous incite à prendre du bon temps avant de repartir ? Toujours est-il que ce n’est qu’à 8h45 que l’on quitte le gîte d’étape, après quelques échanges avec nos hôtes sur le mauvais temps, l’incidence sur la fréquentation du gîte, la météo de la journée, les champignons, le nécessaire bâton de marche en noisetier du patron…

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Le programme des réjouissances...

Le programme des réjouissances…

Nous revenons un peu sur nos pas pour retrouver le début de la montée vers le col de Risoul (1330 m). 220 mètres de dénivelé nous attendent. Le chemin grimpe fort pendant une trentaine de minutes. A la fraîche et en sous-bois, c’est plutôt agréable, ça ne paraît pas difficile. On arrive au col un peu par surprise, en sortant d’un chemin creux. On y trouve le soleil, avec plaisir, et on se dépouille vite d’une épaisseur de vêtement.

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Une extrémité de Goulier, la Pique d'Endron...

Une extrémité de Goulier, la Pique d’Endron…

Le col est vaste et la vue est dégagée. Un large bord de piste herbeux autorise le bivouac, à condition qu’il fasse franchement beau. On distingue une extrémité de Goulier et la vue sur les pics est superbe.

Il fait beau, l’attention baisse, c’est assez souvent notre point faible. Au lieu de reprendre le sentier, nous empruntons la piste. C’est confortable…  jusqu’au moment où nous réalisons qu’elle n’est pas balisée. Un coup d’oeil sur la carte, un autre sur la boussole, nous sommes dans la bonne direction…

Virage vers le col de l'Esquérus

Virage vers le col de l’Esquérus

Enfin, nous retrouvons un sentier qui nous fait revenir un peu sur nos pas en direction du col de l’Esquérus, par un sentier en pente douce, ombragé de sapins. Nous faisons un peu de chemin avec un couple qui fait des boucles à la journée de façon à retrouver leur camping-car le soir. Le col de l’Esquérus (1467 m) est vite atteint. C’est un passage au milieu des fougères et des arbres qui débouche sur un sentier à flanc de vallon. On borde des prairies, ou seulement la clôture électrique.

C'est bien une cascade...

C’est bien une cascade…

Fleurs

Fleurs

Avant le Col du Grail

Avant le Col du Grail

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On passe une première cascade, à peu-près à mi-chemin entre les deux cols. On entre dans un bois de sapins. Il fait toujours grand soleil, on s’en étonne presque… Comme quoi trop de pluie peut créer un traumatisme chez le randonneur !

La piste s’élargit et l’on arrive au Col du Grail ( 1485 m). Sur la gauche, la maison forestière de l’ONF offre quelques bancs et tables de pique-nique. Il suffit de passer la clôture électrique qui la préserve des troupeaux. On y fait une petite pause.

Et comme il fait beau, on refait les étourdis (voir ci-dessus) et on prend la piste qui descend tout droit dans la forêt de Siguer. Au bout d’un bon quart d’heure, intrigués, nous relisons la carte et cette fois, estimons que nous ne sommes pas dans la bonne direction.  3/4 d’heure de perdus, heureusement qu’il fait beau…
A la maison de l’ONF, venant de l’Esquérus,  il faut prendre franchement à gauche pour rejoindre le col de Lercoul (1549 m)  en 30 minutes et à l’ombre. Il est 12h30, l’heure de casser la croûte (couscous et saucisses), assis dans l’herbe au milieu des arbres et au soleil.

Au fond de la vallée : Siguer

Au fond de la vallée : Siguer

On entame ensuite la descente vers le hameau de Lercoul (1120 m), puis Siguer (740 m). Longue descente dans les buis et sous des sapins. On commence presque à se plaindre de la chaleur. Une chaleur qui donne une impression méditerranéenne à la descente parmi les buis. Les odeurs sont agréables. Et voir Siguer nous donne un moral d’acier. C’est un village dont on a tant entendu parler qu’on a hâte d’y être !
À Lercoul, le GR emprunte l’ancien chemin qui relie le hameau à Seuillac et Siguer. C’est un chemin large et confortable jusqu’au moment où il deveint un chemin de troupeaux. Il es alors boueux et ravagé. Nous croisons deux agents municipaux ou territoriaux qui, un plan cadastré à la main, s’intéressent à certains terrains. Plus bas, nous croisons un Grdiste à l’air légèrement hagard qui est parti de la cabane de Clarans et compte dormir ce soir à Mounicou, s’il le peut. Ayant une tente, il ne s’inquiète pas, il dormira n’importe où. Il se plaint des dénivelés et de la pluie de  ces derniers jours.
Nous coupons la D24, le chemin continue entre des prairies. Il y a beaucoup de fleurs, des ancolies, des roses de noël, des euphorbes, des solidagos tout jaunes.
Nous retrouvons la D24 que nous suivons jusqu’au pont qui marque l’entrée dans Siguer (740 m).

Le pont qui marque l'entrée dans le bourg de Siguer

Le pont qui marque l’entrée dans le bourg de Siguer

L’entrée de Siguer fait impression : la rue est bordée par une très large pelouse plantée de platanes. Un mur borde la pelouse et la sépare du ruisseau. Il y a des bancs sous les platanes. C’est une entrée digne d’une ville d’eau !
Le bourg est calme en ce milieu d’après-midi. Nous  nous faufilons dans les rues étroites, sans savoir où se trouve le Petit Gîte… On passe devant la maison du Rendez-vous de chasse des Comtes de Foix (fermée). Et par hasard, au bout de la rue, une petite place et un volet attirent le regard. Nous y sommes… Il est à peine 15 heures 30.

Le Petit Gîte de Fabrice, à Siguer

Le Petit Gîte de Fabrice, à Siguer

On nous attend, car sur le tableau posé sur la porte grande ouverte, nous lisons  que « nous pouvons nous installer au 1er étage ».   Le temps d’enlever nos chaussures, Fabrice arrive, qui était à étendre du plastique dans son jardin pour avoir moins de mauvaises herbes (du plastique, pour un écologiste, ça fait mauvais genre !). Le gîte est astucieusement aménagé : une chambre avec deux lits superposés au rez-de-chaussée, à l’étage une vaste salle commune avec cuisine. Plus haut, on accède par un escalier original à une autre chambre, puis encore une autre, une salle d’eau, un wc. Un peu partout, des livres et des revues (dont le récent Pyrénées Magazine qui consacre son dossier au GR10). C’est un gîte qui a une ambiance fort sympathique qui lui est propre.

Pendant que je traînaille, Marie-Noëlle part avec Gisèle, le femme de Fabrice, visiter l’église du village. Construite à la fin du 19ème en agrandissement de celle du 12ème siècle, son intérieur est complètement peint.
À l’heure du repas arrivent Lilan, Loïs et Anne, leur grand-mère. Lilan, 15 ans, a commencé à parcourir le GR10 en courant. Aux étapes, son frère récupère  les prises de vues que Lilan a fait avec sa GoPro, une caméra embarquée. Leur grand-mère passe sa journée en voiture à se rendre dans des endroits où elle croisera Lilan. On admire la performance du garçon… et l’abnégation d’Anne. Cependant, il y a parfois des négociations, car le GR n’est pas un boulevard et Anne se soucie que Lilan n’aie pas d’accident. Déjà qu’un orage de grêle l’a contraint à passer la nuit au refuge des Bésines alors qu’Anne et Loïs l’attendaient au gîte du Nabre, à Mérens-les-Vals…
Nous sommes donc sept à table ce soir. Moment de convivialité agréable et bon repas préparé par Fabrice qui semble ne s’arrêter jamais. Tout est conforme à ce que nous avions entendu de ceux qui sont passés ici. Après le repas, Fabrice prend la photo qui sera déposée sur le site du Petit Gîte.

Ce jour, nous avons parcouru 11 kilomètres (plus les erreurs) et avons passé 7 heures sur le GR10. Le dénivelé positif est de 440 mètres. Le dénivelé négatif est de 810 mètres.

 

 

 

 

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Etape 46 – 28 juin 2014 : De Siguer à Courtal Marti

Arrive toujours le moment où il faut quitter le gîte. La rencontre de Fabrice et de Gisèle a été agréable et enrichissante. Quand nous partons, à 8 heures 10, le soleil brille déjà bien. La journée devrait être belle, nous a-t-on assuré.

Lercoul, où nous étions la veille

Lercoul, où nous étions la veille

La montée à Gestiès [960 m) est avalée en 40 minutes. Depuis quelques jours, nous avons acquis une forme physique de randonneurs. Même si nous ne sommes pas des marcheurs rapides, nous fatiguons moins et des montées comme celle-ci ne nous sont plus difficiles. Celle-ci est un joli sentier et, pourtant, une jolie pente. A Gestiès, on voit clairement Lercoul sur le flanc de la vallée, derrière nous. Nous traversons le hameau en passant près de l’église (point d’eau).

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Au col de Gamel, la vue sur Siguer, Lercoul...

Au col de Gamel, la vue sur Siguer, Lercoul…

Au col de Gamel

Au col de Gamel

Après ce très court intermède d’enrobé, le sentier reprend en sous-bois, parfois pentu, parfois moins, toujours agréable à parcourir. Le col de Gamel [1390 m) est atteint à 10h05. C’est un vaste col couvert de genêts et de fougères là où il n’est pas ravagé par les sangliers. Derrière nous, jolie vue sur là d’où nous venons.

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Un peu d'entretien...

Un peu d’entretien…

Balisage peu visible

Balisage peu visible

Reprise du sentier vers la crête de Bède. Sur une bonne centaine de mètres, les moutons ont bien piétiné le sentier qui est un peu boueux. Quelques jeunes troncs d’arbres barrent la route. Pourtant, un quad ou une moto est passée… Puis, en obliquant vers la gauche, le sentier monte dans le sens de la pente jusqu’à la crête, au travers d’une prairie. Le balisage est visible par beau temps, mais par brouillard ???

Arrivée sur le Pla de Montcamp

Arrivée sur le Pla de Montcamp

Après quoi l’on descend vers le col de la Lène (1708 m). Il commence à venter. On attaque la montée vers le Pla de Montcamp (1904 m). Le sentier est très bien tracé. Plus nous avançons, plus le vent devient fort. Nous sommes quasiment sur une crête avec un paysage bien dégagé à droite et à gauche. En arrivant sur le Pla, on hésite à le localiser tant il est est vaste. La pente a cessé et on se trouve sur un vaste espace arrondi, une sorte de ballon. Au début du Pla, sur la gauche, le premier troupeau de vaches avec ses cloches qui tintinabulent. Puis, le premier troupeau de moutons. .

Les pancartes sur le Pla de Montcamp

Les pancartes sur le Pla de Montcamp

Il faut pousser au sud-est pour voir la pancarte du GR10 dans un tas de rochers et le col de Sasc (1798 m) en-dessous. La borne 849 se trouve dans l’amas le plus à gauche. Le vent est devenu vraiment fort. Nous nous mettons à l’abri derrière ces rochers pour casser la croûte. Dans la descente, une tente et des aménagements de chantier. Il y avait une cabane de berger en ruine qui est en reconstruction. En descendant, nous repérons la voiture immatriculée dans le Finistère. C’est plus tard qu’il me revient d’avoir vu l’annonce, avant de partir, du chantier de formation que constitue la construction de cette cabane.

Au Col de Sasc

Au Col de Sasc

On oblique un peu vers la droite pour suivre dans une prairie, les piquets rouge/blanc qui nous conduisent au col de Sasc (1798 m). Dans la montée, autour des sources du ruisseau de Prades, il reste un névé dont la fonte a détrempé un peu du sentier. Nous passons à côté. C’est là, au milieu des rhododendrons, que nous croisons une jeune femme qui prononce quelques mots en anglais. Bien que le mien, d’anglais, soit des plus sommaires, j’essaie de lui expliquer qu’il vaut mieux qu’elle quitte un instant le sentier si elle ne veut pas s’embourber. Mon accent ne la trompe pas :
« Vous parlez le français?  »
« Je le suis ». Elle me tend la main :
« Imogène, Nouvelle-Zélande ». Moment d’admiration, venir de si loin pour le GR10 ! Elle me demande comment est la suite, car elle craint le mauvais temps. Elle aurait voulu aller jusque Goulier, mais elle n’est pas dans les temps. Elle va donc s’arrêter à Siguer, mais est inquiète parce qu’elle n’a pas prévenu. Nous l’assurons que Fabrice l’accueillera avec joie dans son Petit Gîte.

De l'orry, la vue sur le Pla de Montcamp

De l’orry, la vue sur le Pla de Montcamp

Orri en ruines

Orri en ruines

Puis nous continuons vers le sommet coiffé d’un orri en ruines (1902 m). Il est encore temps de se retourner pour contempler le Pla de Montcamp. Même si le vent a forci, il fait toujours beau, Imogène n’a rien à craindre !

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La cabane de Courtal Marti

La cabane de Courtal Marti

DSCN1175La suite est simple : suivre les marques en direction du sud-est, apercevoir d’abord une maison de berger, puis immédiatement, la cabane de Courtal Marti (1812 m) à la porte de laquelle nous toquons à 14h10. La cabane est grande comme une cabine de bateau. Elle dispose de deux-trois places. A deux, c’est le confort assuré. Les vivres sont sous le bas-flanc (merci Fabrice). Il y a un réchaud à gaz, le briquet, un peu de bois devant la cheminée… Tout ce qu’il faut pour la soirée.

Nous sommes surveillés...

Nous sommes surveillés…

Une vache surveille notre arrivée. Nous nous installons. Devant la cabane, une pierre indique la direction de la source à 300 mètres. Elle alimente des abreuvoirs en acier très repérables.
Pendant le reste de l’après-midi, entre des moments de siestes et de lecture, nous admirons le paysage de la haute vallée de l’Ariège. Luzenac et sa carrière de talc est bien visible. Plus près de nous, des troupeaux de moutons paissent tranquillement. Le vent est toujours fort. Parfois, quelques gouttes de pluie font croire que le temps se gâte. C’est ce qui se passe vers 19 heures. Brusquement, le ciel se couvre par le sud-est. Les troupeaux fuient vers la gauche. Une violente averse cingle le plateau pendant une dizaine de minutes. La pluie crépite sur le volet de la fenêtre de la cabane. L’averse cesse et le soleil nous offre un double arc-en-ciel.

Double arc-en-ciel.

Double arc-en-ciel.

Le ciel se couvre.

Le ciel se couvre.

La haute vallée de l'Ariège

La haute vallée de l’Ariège

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Coucher du soleil derrière la cabane de Courtal Marti.

Coucher du soleil derrière la cabane de Courtal Marti.

Derrière la cabane, le spectacle du coucher du soleil n’a rien de merveilleux. Imogène avait raison de craindre le mauvais temps, il est de retour… Mais ne boudons pas, c’était une très belle journée.………………

Ce jour, nous avons parcouru 8,7 km sur le chemin. Le dénivelé positif est de 1078 mètres. Le dénivelé négatif est de 104 mètres.

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Etape 47 – 29 juin 2014 : De Courtal Marti à la cabane de Clarans

Après avoir été bercés par le vent pendant une nuit calme mais arrosée, nous partons à 7h45. Le ciel ne promet pas le beau temps.

La cabane de Balleydret

La cabane de Balleydret

Nous traversons la prairie sud-est en suivant les marques avant de dévaler un méchant sentier bordés de ronces et de hautes herbes jusque la cabane de Balleydret [1600 m). Un petit arrêt pour juger de l’état délabré de l’endroit. Une moitié de la cabane est propre et on pourrait presque s’y mettre -très sommairement- à l’abri de l’eau. L’autre est encombrée par les déchets laissés par des randonneurs.

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Passerelle et Jasse de Sirbal

Passerelle et Jasse de Sirbal

Petite hésitation ensuite pour trouver la piste qui suit d’abord le ruisseau qu’il faut bientôt traverser. Ensuite, Elle est assez malcommode (rochers) et souvent boueuse. En faisant attention, on échappe au pied qui s’enfonce jusqu’à mi-mollet ! Le sentier passe le plus souvent sous des arbustes qui nous arrosent généreusement lorsqu’on les touche.
On descend jusque la Jasse de Sirbal (1350 m) à laquelle on accède en passant le ruisseau par une passerelle. Cette malcommode descente a été longue : 1h45.

Une fois dans la clairière, nous cherchons la suite du sentier. il descend clairement le long de ruisseau pendant quelques dizaines de mètres puis se perd dans les herbes lorsqu’on oblique vers la droite pour trouver le départ du sentier dans le bois. Mais bon, rien de difficile…

On distingue la cabane de Balleydret.

On distingue la cabane de Balleydret.

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Dans la hêtraie, une succession de lacets plutôt raides nous conduit au col de Sirmont (1693 m). Derrière nous, on aperçoit la cabane de Balleydret (sur la photo, dans la lumière).

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Sur le col de Sirmont

Sur le col de Sirmont

Le col est vaste et on cherche un moment le chemin. Comme on sait que l’on va descendre à nouveau, on est tenté de trouver un sentier menant dans la vallée qui est devant nous. Carte et topo nous informent que non, ce n’est pas une bonne représentation de la route… On longe le haut de la vallée sur quelques dizaines de mètres en nous dirigeant sud-est jusqu’à entrer dans un bois. Nous traversons de petits ruisseaux (il y a eu de pluie, ces derniers jours…). Nous sommes parfois sous da grands arbres, d’autres fois dans des taillis.

Descente le long du ruisseau de Calvière

Descente le long du ruisseau de Calvière

Peu à peu, on gagne le fond de la vallée de la Calvière, sans trouver le balisage d’un raccourci qui nous aurait conduit à la passerelle. Le parcours est agréable, même si le sentier n’est pas très confortable. Il arrive que le ruisseau emprunte aussi le chemin… Mais ce sont toujours les passages boueux dont nous nous méfions. Nous avons les pieds suffisamment humides pour ne pas avoir envie d’y ajouter de  la boue.

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Passerelle sur le ruisseau de Calvière

Passerelle sur le ruisseau de Calvière

Vers midi, nous trouvons enfin la passerelle qui nous permet de traverser à pied sec le ruisseau. Rapidement, nous nous éloignons du ruisseau et commençons une descente pas toujours agréable dans une vaste hêtraie. Au début, c’est facile, la pente est faible, on voit où l’on va. Environ à mi-chemin, la pente devient plus forte et le sentier se transforme en lacets, nombreux, parfois glissant à cause des amas de feuilles. On a même l’impression que quelques portions ont été détruites par l’érosion. Nous trouvons cette descente fort longue, alors que nous l’avalons en une heure un quart. Entre deux séries de lacets, nous nous rapprochons du ruisseau et voyons des échelles permettant de descendre sur la rive.

Le pont Orange

Le pont Orange

Enfin, on aperçoit le pont Orange, mais il reste encore plusieurs lacets. C’est toujours la même chose, quand on croit y être, on s’aperçoit qu’il reste encore un peu de chemin, chemin que l’on trouve toujours très long… Au pont, nous rangeons polaire et veste, car le soleil chauffe, enfin ! Après le pont, on se retrouve sur une piste qui mène en quelques minutes à Coudènes (1040 m) et son parking. Nous empruntons sur quelques mètres la D520, passons le pont sur l’Aston, prenons à gauche le sentier qui en 10 minutes, nous conduit dans une prairie.

Pancartes

Pancartes

En arrivant dans le champ, nous trouvons les pancartes qui ne nous laissent aucun doute sur la position de la cabane de Clarans. C’est une petite cabane pas vraiment propre dans laquelle nous n’avons pas l’intention de loger.
Nous traversons le champ à 10°E, comme on nous a dit pour trouver un sentier en sous-bois de noisetiers qui nous conduit à la cabane EDF (1070 m) où nous comptons passer la nuit. Quand nous arrivons, il n’y a personne.
Il est 13 h45,  l’heure de casser la croûte en utilisant un peu des provisions que Fabrice entrepose là. Au menu, donc : saucisses et lentilles, et une bière pour étancher la soif. Ce début d’après-midi, il fait assez beau pour manger à l’extérieur. Au ruisseau, derrière la cabane, nous remplissons les gourdes et une bouteille de cinq litres. L’eau est jaune, la faute aux orages récents, mais dans le thé, ça ne se voit pas.

Dans la cabane EDF de Clarans

Dans la cabane EDF de Clarans

Vers 17 heures arrivent un couple de marcheurs. Dalida et Michel, arrivant du Ruhle. Nous passons avec eux une fin d’après-midi et soirée fort sympathiques.  D’autant plus que le feu dans la cheminée ajoute un peu de chaleur dans la cabane tout en permettant de sécher les chaussures.
Mais elle ne recharge pas les accus de l’appareil photo, et nous prive donc du flash et de photos d’intérieur correctes.

Ce jour nous avons passé 6 heures sur le GR, pauses comprises. Le dénivelé positif est de 343 mètres. Le dénivelé négatif est de 1155 mètres.

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Etape 48 – 30 juin 2014 : De la cabane de Clarans au Plateau de Beille

Après une nuit juste troublée par une souris qui s’était prise de passion pour nos poubelles, nous nous levons à 6h30 comme prévu. Comme chaque matin, c’est le train-train : pliage des affaires pendant que l’eau chauffe, remplissage des sacs, rangement des couvertures et des tapis de sol que nous avons utilisé.

Dalida et Michel prêts à partir

Dalida et Michel prêts à partir

Nous laissons une cabane propre.

Nous laissons une cabane propre.

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Puis nous prenons nos petits-déjeuners. Avant de partir, nous nettoyons les lieux, comme en témoigne la photo…
Vers 7h30, nous quittons la cabane de Clarans en même temps que Michel et Dalida qui comptent aller à Siguer.

La cabane de Clarans

La cabane de Clarans

Nous reprenons le sentier pour gagner la prairie, passons devant la cabane pour prendre le sentier en direction du Plateau de Beille. Un dernier regard sur la cabane… Nous nous réalisons combien cette portion du GR, de Siguer à Beille, serait difficile sans les cabanes et l’approvisionnement qu’y dépose Fabrice.
Le sentier démarre dans un couloir, puis devient boueux dans le sous-bois. Vers 1200 mètres, il fait un virage en épingle vers la gauche, que nous en voyons pas, et qu’on ne voit pas si on ne regarde à ses pieds. On passe une bonne demie-heure avant de le retrouver. Même à deux, l’un stationnant en attendant que l’autre voie quelque-chose…

Derrière nous, beau paysage

Derrière nous, beau paysage

On traverse quelques petits ruisseaux, puis on poursuit la montée dans une vaste hêtraie qui nous garde à l’ombre. Nous traversons plusieurs clairières suffisamment vastes pour nous permettre de voir la vallée. À un moment, à la sortie de la hêtraie, nous voyons même la cabane de Courtal Marti.

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Ah ! une source...

Ah ! une source…

Juste avant de la quitter et de déboucher au soleil, nous croisons trois jeunes marcheurs qui ont dormi dans la cabane d’Artaran et qui ne se sont pas réveillés (il est 10h30 !). Ils se consolent en disant qu’ils ont récupéré de leur longue étape de la veille. Ils projettent de rejoindre Hendaye. Ils nous indiquent une source captée, à quelques minutes, qu’on ne peut manquer, même si elle est à l’écart du sentier. De fait…. Nous y remplissons nos gourdes.

 

La cabane d'Artaran

La cabane d’Artaran

Le sentier continue dans les fougères, puis dans des pelouses. En moins de 10 minutes, nous débouchons dans la jasse d’Artaran (1695 m) et devant la cabane du même nom. Elle est divisée en deux parties. A droite, une pièce vide peut accueillir des marcheurs sur son sol bétonné. La cabane est propre.
Comme il fait très beau, nous profitons de l’arrêt pour troquer le pantalon contre un short.

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Cascade avant le plateau de Beille

Cascade avant le plateau de Beille

En haut de la jasse d'Artaran

En haut de la jasse d’Artaran

Puis nous reprenons le chemin. La  jasse d’Artaran est un vaste plateau légèrement vallonné traversé par une piste pastorale. Pas de souci pour se diriger… On passe une petite cascade et déjà on entend les aboiements des chiens de traîneaux du village nordique d’Angaka. Nous passons devant leur parc avant d’arriver sur le plateau. De la cabane au plateau, sans nous presser, nous avons mis 30 minutes.

Arrivée sur le plateau de Beille

Arrivée sur le plateau de Beille

A première vue, le plateau de Beille (1817 m) est un lieu touristique inintéressant pour un marcheur. Nous apprendrons que c’est une station de ski de fond très fréquentée l’hiver. Et en été, un lieu facilement accessible en voiture ou en car. Le week-end précédent, le plateau était l’arrivée de l’Ariégeoise, une grande course qui peut rassembler jusqu’à 4000 cyclistes.
Inintéressant, sauf si on a décidé de s’y arrêter.

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Yourte au village nordique d'Angaka

Yourte au village nordique d’Angaka

Nous poussons jusqu’au village nordique d’Angaka, ainsi nommé parce qu’il propose, l’hiver, des courses en traîneaux tirés par des attelages de chiens, des nuits dans des igloos construits par ceux qui vont y dormir. Depuis 2013, le village reste ouvert l’été pour accueillir les marcheurs, en plus d’activités de découverte de la nature. Il est 12 heures 30. Nous nous y arrêtons jusque demain matin.

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A la porte de la yourte

A la porte de la yourte

Le bivouac est possible sur le terrain du village (pour deux euros) avec un accès à l’eau. Mais puisqu’il y a de la place, nous préférons dormir dans une yourte, histoire de connaître ce que c’est…
L’intérieur est cosy avec ses tapis qui recouvrent tout le plancher. Un poêle à bois trône au milieu. Il n’y a pas de meubles, juste des caisses de couvertures bien épaisses. Il est probable que nous n’aurons pas froid cette nuit !

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En soirée, le ciel se couvre

En soirée, le ciel se couvre

Nous déjeunons au restaurant (un peu de luxe…) en face d’un splendide paysage.
L’après-midi se passe tranquillement, au soleil, malgré un petit vent frisquet. on fait la lessive. On bouquine. On donne un coup de main à un des animateurs du village qui se construit son logement.
En fin d’après-midi, le ciel se couvre quand nous allons faire le tour du plateau et un petit vent frisquet se lève. Le repas du soir provient du restaurant voisin. Il suffirait à nourrir quatre personnes… On ne peut que le recommander ! Agréable soirée avec deux animateurs qui vivent dans le village.

Pendant cette petite journée, nous avons parcouru 3,7 km et passé 5 heures sur le chemin (pause et erreur comprises). Le dénivelé positif est de 419 mètres.

 

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Etape 49 – 1er juillet 2014 : Du Plateau de Beille au refuge du Ruhle

Après une nuit reposante dans une des yourtes du village nordique d’Angaka, nou partons à 7h45. Beau temps bien frais et grand soleil. Mais… à un moment, on s’aperçoit qu’on a oublié de prévenir le refuge du Ruhle. Ce n’est pas qu’il y a beaucoup de monde sur le GR, mais c’est poli.

Bergers et moutons avant la cabane de Beille-en-Haut

Bergers et moutons avant la cabane de Beille-en-Haut

Évidemment, pour trouver du réseau, il faut redescendre presque jusqu’au plateau de Beille. Résultat : entre 30 et 40 minutes de perdues mais la satisfaction d’avoir étonné la personne que nous avons eu au refuge ! Mais il fait beau, le retard ne nous pèse donc pas.
Nous continuons et passons près des voitures des bergers qui travaillent auprès du troupeau de moutons. Quand on marche, c’est toujours une sensation bizarre de passer près des voitures. On se demande à quoi ça rime de marcher à pieds…

 

Curieux panneau

Curieux panneau

La cabane de Beille-en-Haut

La cabane de Beille-en-Haut

Après cet incident de parcours, et bien que n’étant en possession d’aucune autorisation particulière, nous reprenons la piste jusqu’à la cabane pastorale de Beille-en-Haut (1939 m). Un peu avant, trois randonneurs qui n’ont pas encore plié leurs tentes nous regardent passer.

Vaches en face de la cabane.

Vaches en face de la cabane.

Comme l’indique le topo, nous continuons par la piste orientée au sud. Très vite, nous arrivons à une fourche. Est-ce la bifurcation qu’indique le topo. Même si la distance parcourue nous parait courte, nous hésitons. Rien n’indique par où continuer. Seul un tas de cailloux, à moins que ce soit un gros cairn, nous inciterait à aller vers la droite. Nous scrutons la carte -qui n’est pas très explicite, mais tout de même- et choisissons la gauche, avec raison, car dans la descente, avant le remier virage, nous retrouvons la marque blanc-rouge du GR. La piste remonte, redescend jusqu’à la Font de la Galline (1950 m), un endroit boueux que nous traversons pour prendre à gauche une trace qui monte vers le sommet d’un mamelon. A mi-pente, nous nous arrêtons pour passer une veste car le vent a forci et est assez frais.

sans commentaire !

sans commentaire !

Du sommet du mamelon, regard vers d'où nous venons

Du sommet du mamelon, regard vers d’où nous venons

Après le sommet du mamelon, nous descendons un peu pour gagner le col de Finestres (1967 m). Nous faisons une pause casse-croûte tout en méditant sur la pente qui, en nous faisant prendre une bonne soixantaine de mètres, va nous faire passer un groupe de pins posés sur une pointe rocheuse. Il va falloir être prudent, car la surveillance s’arrête ici , selon le panneau !

 

Brebis perdue

Brebis perdue

Juste après les pins

Juste après les pins

Arrivés aux pins, on tourne à droite pendant quelques mètres, puis on emprunte une sentier pierreux qui descend vers des mares.
Entre deux rochers, on croise une brebis est perdue, seule sans aucun troupeau aux alentours.
Le sentier continue à flanc à peu près à l’horizontale dans de gros éboulis. Nous sommes à l’abri du vent et commençons à avoir chaud.

Pancartes au col de la Didorte

Pancartes au col de la Didorte

Cabane avant le col de la Didorte

Cabane avant le col de la Didorte

Nous passons devant la cabane de berger, fermée, à côté de laquelle coule une source. Nous voyons déjà le col de la Didorte (2093 m) que nous atteignons un peu avant 11h30. Il fait froid, il vente et le ciel est plus en plus gris. Nous nous abritons dans les rochers pour le pique-nique du midi.

Pancarte

Pancarte

Après, l’on monte à gauche, en crête, d’abord avec un vallon sur la gauche. La montée est franche et le vent fort. Puis on oblique vers la droite, nord-est et on vise une pancarte au loin sur la droite, à l’embranchement (2278 m) du GR de pays Tour des montagnes d’Ax qui part vers le nord. On poursuit en crête vers le sud.

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???

???

La vallée du Rieutort

La vallée du Rieutort

Le paysage est devenu montagnard, austère, mais grandiose. Le temps ne s’améliore pas, nous marchons en silence, impressionnés par le cadre, le vent, le froid… Le vide à notre droite nous oblige à être attentifs à chacun de nos pas, mais que c’est beau… Nous continuons ainsi en montant peu à peu jusqu’au Pic de Belh (2356 m). Nous parvenons à la crête des Isards. Le sentier est étroit. Parfois, nous sommes vraiment en crête, le plus souvent nous sommes à flanc, un peu en-dessous. C’est toujours très beau, toujours impressionnant. Nous passons dans des bosquets de pins.  Le vent est vraiment fort, nous devenons méfiants.………………………

Au col de Belh

Au col de Belh

Puis, rapidement, nous descendons vers le vaste col de Belh (2247 m). Il est 14 heures 30. Bien en forme, pour un peu, nous aurions passé le col, continué tout droit… Mais non, le sentier continue au sud-ouest, à flanc d’un mamelon encombré par un large névé dans lequel nous ne voyons aucune trace. Nous nous y engageons à l’estime et, bien vu, au bout du névé, nous retrouvons le sentier…

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Le refuge du Ruhle

Le refuge du Ruhle

Au col de Terre-Nègre

Au col de Terre-Nègre

Nous montons rapidement pendant quelques minutes pour atteindre le large col de Terre-Nègre (2304 m) d’où nous apercevons le refuge du Ruhle (2185 m). Une minute de pause pour admirer le paysage, l’étang de Fontargente au-dessus du refuge, le pic de la Coume d’enfer… Puis nous descendons en une quinzaine de minutes jusqu’au refuge, sous quelques gouttes de pluie. A 15 heures, nous posons nos sacs à l’entrée. Peu après : il pleut !

L'arrière du refuge du Ruhle

L’arrière du refuge du Ruhle

Accueil sympathique en même temps qu’un groupe qui arrive pour fêter un anniversaire. Le gardien, Calou, nous attribue une chambre où nous nous installons. Nous profitons du temps libre pour faire la traditionnelle lessive des chaussettes, pour utiliser les surprenantes douches (les douches des refuges recèlent souvent des surprises : ici le premier qui prend la douche reçoit deux jetons, seul le second garantit que l’eau sera chaude) pour faire un peu d’écriture.
Dans la salle commune, on écoute une jeune homme de 29 ans qui entame une reconversion de berger  après avoir travaillé au Service des Eaux dans une collectivité. Il traverse une partie des Pyrénées et se fait une vie à la dure, chaussé de rangers, vêtu d’un pull en alpaga, d’une veste provenant des surplus militaire. Malgré le vent et la pluie, il bivouaque. Mais ce soir, il mange au chaud et il est très loquace, après ses journées de solitude.
Le groupe a monté une bouteille de Jurançon qu’il nous partage, avec les toasts faits par le cuisinier, à l’occasion des 70 ans d’une personne qui est absente ! Une méforme, le temps incertain, elle a préféré ne pas monter…  Moins inattendu : le pêcheur qui veut absolument faire cuire ses très belles truites.
Depuis que nous sommes sur le GR, nous n’avions pas encore vu autant de monde à table : 15 personnes ! La fois précédente, c’était au refuge du lac d’Araing et je ne crois pas que nous étions quinze.

Ce jour, nous avons parcouru 13,7 km et passé 7 heures 15 sur le GR (pauses et erreur comprises). Le dénivelé positif est de 368 mètres. Le dénivelé négatif est de 62 mètres.

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Etape 50 – 2 juillet 2014 : Du refuge du Ruhle à Mérens-les-Vals

Après le solide petit déjeuner et lestés d’un non moins solide pique-nique pour le midi, nous quittons le refuge du Ruhle à 8 heures. Le beau temps semble décidé à s’installer.

Avant de partir, Calou nous a bien expliqué la situation. Il y aura sans doute des névés bien pentus. Depuis un éboulement qui a détruit le GR qui passait à proximité de l’Etang Bleu, un nouveau GR a été tracé qui passe plus haut. C’est ce sentier qui est encombré de névés dans lesquels les traces ne sont pas bien fameuses. Il nous montre comment trouver le début de l’ancien GR, puis comment continuer jusqu’au moment où on retrouve l’actuel sentier. Normalement, ça va être facile… Sauf que ceux qu’on a croisé nous ont dit tout le contraire. Nous faisons confiance au gardien.

La direction...

La direction…

Nous voici donc partis, plein est. Au début, tout se passe comme prévu. Nous montons dans le vallon et perdons vite le refuge de vue. Le paysage est plutôt minéral avec un peu d’herbe. Le sentier est bien tracé et confortable. Nous savons que personne ne nous suit ni ne nous précède. Curieuse sensation de solitude…

Rapidement, nous passons le Col des Calmettes (2318 m). Le sentier vire nord-est, un peu à flanc avant de descendre au bord d’un bosquet d’arbres. Facile…

Un miroir

Un miroir

Le petit lac

Le petit lac

Nous contournons un petit étang que nous laissons à notre droite. Après un mamelon, nous cherchons et repérons vite les deux blocs de rocher entre lesquels passe le sentier. Jusqu’ici, tout va bien, rien de difficile.

Des fleurs

Des fleurs

On découvre l'Etang Bleu

On découvre l’Etang Bleu

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Dans ce secteur austère, on trouve même des fleurs…
Le sentier continue. On découvre l’Étang Bleu. Nous cherchons les traces de l’ancien sentier. Même si on ne voit rien de probant, nous nous aventurons quand même dans des amas de blocs. Cela nous permet de passer dans le bas étroit d’un névé. Le gardien et les grdistes qui sont passés ici avaient raison, les névés qui encombrent les éboulis sont pentus et impressionnants. Comme nous ne trouvons pas de traces de l’ancien sentier, pour éviter de trop contourner l’Étang Bleu, nous remontons la pente et nous trouvons l’actuel sentier, bien pavé comme nous l’avait précisé le gardien.

Le haut du névé

Le haut du névé

Nous passons un premier névé avec précaution. Le suivant nous est peu sympathique, et surtout, la trace est presque en haut du névé. Si l’un de nous glisse… Aussi décidons-nous de le contourner au pied de la falaise, en nous appuyons dessus et les pieds sur le bord du névé, ça passe, mais c’est long et malcommode.

L'avant-dernier névé

L’avant-dernier névé

Après cela , il reste trois névés que nous passons dans les traces, un peu stressés mais plus facilement que nous le pensions.  Encore un petit névé et nous arrivons sur un bourrelet herbeux. Il fait beau, le soleil chauffe fort.

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Au pied des lacets en-dessous de la crête de la Lhasse

Au pied des lacets en-dessous de la crête de la Lhasse

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Nous faisons une pause pour admirer le paysage qui s’étend jusqu’au Col des Calmettes.  Il est 11 heures. Nous avons perdu pas mal de temps dans ce cirque. Il est donc temps de repartir…

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Sur la Crête de la Lhasse

Sur la Crête de la Lhasse

Par des lacets serrés, dans une croupe herbeuse vraiment pentue, on avale les 150 mètres qui nous amènent en moins de trente minutes à la Crête de la Lhasse (2349 m).  D’en-bas, la montée est impressionnante, mais elle se fait bien. En plus, la vue est superbe.

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Vers la vallée de Mérens

Vers la vallée de Mérens

D'où nous venons...

D’où nous venons…

Avant de continuer, un dernier coup d’œil en direction du refuge de Rulhe, et un autre plein d’espoir vers la vallée de Mérens, car nous allons finir ce jour de marcher en Ariège.
Nous faisons 200 mètres sur la crête avant d’entamer la descente. Le topo annonce deux lacets. Au bas du premier, nous croise une randonneuse qui fait le GR10 avec son cheval. Un GR10 aménagé pour le cheval, bien sûr…
Le deuxième lacet est détruit par un névé très sale, dont la surface est dure et glissante. on le traverse à l’endroit où il est le plus étroit. Nous continuons à flanc.

Fleur

Fleur

Le ciel se couvre

Le ciel se couvre

À 12 heures 30, comme le ciel se charge de nuages, nous estimons que le temps peut se gâter et qu’il serait sage d nous arrêter pour manger. Surtout que Marie Noëlle a faim !
Un peu plus bas, sur le replat, au-dessus du ruisseau de la Lhause jolies fleurs, et toujours pas de pluie.

Mais ça ne dure pas. Peu après, quelques gouttes d’eau nous incitent à nous couvrir ainsi que les sacs. Il pleut. Pas beaucoup, mais il pleut et comme nous sommes dans des hautes herbes, ça mouille.

Derrière nous, la descente d'au-dessus de l'étang du Comte (2013)

Derrière nous, la descente d’au-dessus de l’étang du Comte (2013)

L'Étang du ComteEnfin, nous arrivons au-dessus de l’étang du Comte. La pluie a diminué d’intensité. Nous voyons d’abord des chevaux, puis un groupe avec des capes colorées qui quitte l’étang. Il semble qu’il n’y pleut pas encore.

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Note : Quelques photos datent d’une ballade faite le 25 juin 2013. Ce n’était pas la même météo…

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Chevaux de Mérens (25-06-2013)

Chevaux de Mérens (25-06-2013)

La pancarte à terre

La pancarte à terre

Enfin, nous commençons la descente en lacets qui nous amène au niveau du ruisseau du Mourguillou. Déjà, l’année passée la pancarte était à terre. Les chevaux ne doivent pas supporter qu’elle soit autrement. La pluie a cessé, mais le ciel est bas.

Nous prenons la descente vers Mérens, retrouvant un paysage que nous connaissons bien, mais que nous avons toujours vu sous le soleil.

Le ruisseau s'élargit (2013)

Le ruisseau s’élargit (2013)

Peu après la pancarte, on borde à droite un petit étang juste avant de continuer la descente sous des noisetiers. Là, premier gros coup de tonnerre et début de 45 minutes d’une grosse pluie d’orage. Le sentier se transforme en pataugeoire. S’abriter sous les arbres ne sert à rien.  Un moment, cependant, nous nous arrêtons pour nous abriter de la grêle. Nous passons des endroits ravissants qui sont noyés sous la pluie et auxquels nous ne jetons qu’un coup d’œil désolé.

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Le pont de pierres

Le pont de pierres

Jolie balise...

Jolie balise…

pancartes

pancartes

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Nous remarquons que le sentier est bien balisé. Les pancartes et la balise peinte se trouvent proches l’une de l’autre, à moins de trente minutes du petit étang, au niveau du pont de pierres.

Ruine (2013)

Ruine (2013)

Captage (2013)

Captage (2013)

Quand on passe au niveau du captage, la pluie cesse et le soleil revient. Trop tard pour essayer de s’abriter sous la la cabane ruinée ! De toute façon, on peut y entrer…

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Le pont qui sépare le bas et le haut de Mérens (2013)

Le pont qui sépare le bas et le haut de Mérens (2013)

Le pont Gazeil (2013)

Le pont Gazeil (2013)

Puis c’est le pont Grazeil (1757 m), puis la descente par un large sentier empierré sur lequel nous veillons à ne pas glisser. Encore trente bonnes minutes avant d’arriver à la ferme qui se trouve à l’entrée du quartier du Couillet. Quelques minutes encore et c’est le passage sur le pont (1050 m) et le retour à la civilisation quand il faut traverser la route N20 qui descend de l’Hospitalet-d’Andorre sans se faire écharper par une voiture ou un camion.

Le gîte d'étape du Nabre.

Le gîte d’étape du Nabre.

Nous gagnons le gîte du Nabre (1130 m) qui se trouve à côté de l’église ruinée, à une petite demie-heure du pont. On passe sous le pont du chemin de fer, on traverse le village et on emprunte un large chemin empierré sur la berge du ruisseau.
Nous nous arrêtons saluer Mme Vidal, nous désaltérer et prendre quelques nouvelles de la saison qui s’annonce humide.
Pour nous, cette belle journée un peu trop humide sur la fin marque la fin de l’Ariège. Nous récupérons notre voiture et demain, nous serons au col de Jou pour finir la traversée des Pyrénées Orientales entamée en juin 2013.

Ce jour, nous avons parcouru 11 km et passé 8 heures 30 sur le GR (pauses comprises). Le dénivelé positif est de 254 mètres. Le dénivelé négatif est de 1389 mètres.

Le dortoir du gîte du Nabre

Le dortoir du gîte du Nabre

À l'étage

À l’étage

Avant de partir, deux photos du dortoir de ce gîte, dont des grdistes nous ont dit que c’est « le plus beau dortoir du GR10 ». Ce avec quoi nous sommes d’accord…

 

 

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Etape 51 – 16 juin 2013 : De Mérens-les-Vals au refuge de Bésines

Cette année, nous repartons de Mérens et non d’Aulus-les-Bains. Il est tombé beaucoup de neige cette année, et tardivement. À Aulus, on est formel : « on ne passe pas le port de Saleix sans être équipé pour la neige », comprenez crampons, piolet…  A Siguer, « on n’a encore vu passer personne, trop de neige »…

L'église près du gîte du Nabre

L’église près du gîte du Nabre

Nous avons donc passé la nuit au gîte du Nabre, qui nous a chaleureusement accueilli, comme l’année passée. On nous déconseille la route normale par le Porteille de Bésines, encore très enneigé. Nous prenons donc la variante qui passe par l’Hospitalet-d’Andorre.

Départ à 8h40. Nous quittons le gîte du Nabre (1060 m), descendons dans le village, passons le pont, prenons le sentier qui borde le camping. Il fait encore bien frais. Comme à chaque départ, je ressens une tension, conscient que nous sommes partis  « pour de bon ». Je révise mentalement le contenu de mon sac ; « n’ai-je rien oublié ? ». Puis je surveille les réactions de mes pieds qui doivent se réhabituer aux chaussures. Le sac me pèse, mais pas trop, je suis assez content de n’avoir que le nécessaire. En même temps, il y a l’ivresse du départ attendu depuis plusieurs mois, le plaisir de se retrouver en pleine nature.

La piste le long du ruisseau

La piste le long du ruisseau

Le sentier est facile, à l’ombre. Après le camping, c’est une piste jusqu’au hameau qui précède le viaduc des Bordes.
Le bruit du ruisseau ne couvre pas toujours celui de la route qui mène à l’Hospitalet. Il ne nous empêche pas d’être sensibles au piaillement des oiseaux.

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zone humide...

Zone humide…

Le sentier après le viaduc

Le sentier après le viaduc

Puis il se rétrécit pour devenir un « vrai » sentier, encore envahi par les herbes du début de saison. Parfois, il devient boueux, ou l’eau le submerge au point qu’il faut passer à côté du sentier dans une prairie. Globalement, c’est un chemin très agréable, qui se tient parfois tout proche de la voie ferrée, qui est assez ombragé.

Cascade de Bésines et tunnel de Saillens

En face de la Cascade de Bésines

en face de la Cascade de Bésines

la Cascade de Bésines et le tunnel de Saillens

Aux trois quarts du chemin, on distingue bien la cascade de Bésines. Et vers 1300 m, on repère les deux entrées/sorties du tunnel de Saillens dans lequel la voie ferrée effectue un cercle complet (visible sur la carte au 1:50 000e).

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Fontaine d'eau fraîche sur la place de l'Hospitalet

Fontaine d’eau fraîche sur la place de l’Hospitalet

Joli début du sentier menant à Bésines

Joli début du sentier menant à Bésines

L’arrivée au bas de la station de l’Hospitalet est un peu cafouilleuse, mais on arrive à suivre le GR avec un peu d’imagination. Nous passons devant le gîte d’étape (fermé) pour aller sur la place (1536 m) remplir nos gourdes à la fontaine. Il est midi, nous quand nous posons nos pieds sur les marches de l’escalier qui débute le sentier menant à Bésines.

Le sentier du GR 107C monte en lacets , puis par des alternances de petits lacets, de plats et de lacets. On monte au soleil, avec de belles vues sur la vallée de Mérens.

Dans le fond : Mérens-les-Vals

Dans le fond : Mérens-les-Vals

Au-dessus de l'Hospitalet-d'Andorre

Au-dessus de l’Hospitalet-d’Andorre

En bas : L'Hospitalet-d'Andorre

En bas : L’Hospitalet-d’Andorre

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Et une autre...

Et une autre…

une première toute petite cascade

une première toute petite cascade

Puis, à l’ombre des sapins, on passe quelques ruisseaux et de petites cascades jusqu’à la crête du Tos Bessateil (1777 m). Nous croisons un couple avec un garçon de quatre ans. Ils sont montés ce matin jusque l’étang et redescendent. Le garçon ne semble pas fatigué. Mais ils sont de la région…

Dans les rhodos.

Dans les rhodos.

On descend ensuite dans les rhodos avant de remonter pour passer un ruisseau qui s’étale tranquillement. Une personne d’un groupe de randonneurs croisé dans la montée nous a dit être tombé dans l’eau. C’est vrai qu’il faut faire de grands pas, mais de là à tomber dans le ruisseau !!! On passe une barrière dans une clôture, puis on descend dans une large clairière avant d’entrer dans le Bois Long. Arrêt casse-croûte à l’ombre des sapins.

Le barrage de l'étang de Bésines

Le barrage de l’étang de Bésines

Avant l'étang de Bésines

Avant l’étang de Bésines

On reprend vers 14h30, une montée dans des lacets, parfois humide, jusqu’à un long chemin horizontal bordé de petits névés et de quelques cascades. On arrive au barrage de l’étang  de Bésines (1960 m) vers 15h30.

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Passerelle peu accessible.

Passerelle peu accessible.

Problème... on passe où ?

Problème… on passe où ?

L’étang fait 6,8 hectares. Le sentier le longe assez librement. A la fin de l’étang, sur la Jasse du Pla, un gros torrent impétueux nous oblige à nous déchausser pour le traverser. C’est très froid, glacial, et il y a plusieurs bras à traverser… Heureusement que le soleil brille ! Peu après, la même difficulté se présente. Le pont de neige qui permettait d’accéder à la passerelle s’est effondré. Un peu en-dessous nous passons sans nous mouiller.

Le refuge de Bésines

Le refuge de Bésines

C’est la fin. Nous entamons la dernière montée  (environ 150 m) qui nous mène au Refuge de Bésines (2104 m) que nous atteignons peu avant 17 heures.

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Bivouac asur le côté du refuge

Bivouac asur le côté du refuge

Nous bivouaquons sous les pins, sur le côté du refuge. Ce soir, repas en compagnie d’autres randonneurs qui partiront le lendemain matin pour le lac des Bouillouses.

Nous avons passé un peu plus de 8 heures sur le GR. Selon l’altimètre, le total des montées est supérieur à 2000 mètres.

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